Défenseur des Indiens et héraut du droit des plus pauvres à l'éducation, le Brésilien Darcy Ribeiro fut pendant quarante ans, pour la gauche latino-américaine, une figure emblématique de l'engagement des intellectuels dans l'action politique. Cet engagement s'inscrit dans les hauts et les bas d'une trajectoire personnelle haute en couleur, et en tout cas bien éloignée des standards européens. De l'ethnologie de terrain à la politique active, en passant par la littérature et la haute administration, Darcy Ribeiro mit son talent de communicateur et de polémiste au service de quelques idéaux auxquels il resta fidèle envers et contre tout : fidélité que ce bavard au grand cœur résumait en revendiquant avec orgueil son caractère « monoglotte ».
Né le 26 octobre 1922 à Montes Claros, dans l'État de Minas Gerais, Darcy Ribeiro étudie l'anthropologie à São Paulo et entre en 1947 au Service de protection des Indiens (S.P.I.). Pendant une dizaine d'années, il y partage son temps entre des missions d'observation de tribus indiennes du Brésil central et de l'Amazonie et des tâches d'encadrement administratif (création du Museu do Indio à Rio de Janeiro). De cette période datent de nom […]
