En 1974, Nicolas Seydoux, l'un des héritiers Schlumberger, devient propriétaire de la maison Gaumont. Il va lui faire prendre le virage de la modernité, avec le concours de son ami Daniel Toscan du Plantier, né en 1941 à Chambéry, et venu de la publicité et de la presse (France-Soir).
Le duo relance la doyenne des sociétés cinématographiques françaises pour en faire une des entreprises phares de l'audiovisuel hexagonal. Le circuit de salles s'étend et se modernise, la distribution se restructure, l'activité se diversifie : édition musicale et discographique (Erato), livre (Ramsay), presse (Le Point), production télévisuelle, publicité – et plus tard vidéo. Le groupe s'internationalise, créant des filiales en Italie, au Brésil, aux États-Unis, où Gaumont s'associe avec Columbia et crée une chaîne francophone pour le câble.
Daniel Toscan du Plantier se consacre tout particulièrement à la production de films, un secteur qu'il marquera durablement. Il commence par modifier le style maison, qu'Alain Poiré (1917-2000) a confiné jusqu'alors dans les genres populaires. En 1975, Toscan, comme on l'appelle bientôt, définit sa politique. Son credo tient en une phrase : « Nous croyons que l'économie de marché n'est pas incompatible avec la qualité culturelle. » Très vite, il applique une politique de prestige, en produisant Rohmer (La Marquise d'O), Bergman (Fanny et Alexandre), Fellini (La Cité des femmes, Casanova, puis Et vogue le navire), Pialat (Loulou, À nos amours), et en soutenant certains projets de Chabrol, Truffaut, Beineix, Comencini, Scola, Kurosawa, Wajda... Il produit aussi La Dentellière, de Claude Goretta, Diabolo menthe, de Diane Kurys, et une série de comédies en accord avec l'air du temps, inaugurée par Cousin, cousine, de Jean-Charles Tacchella dont le succès aux États-Unis, en 1976, encourage sa nouvelle stratégie. Cette politique va également s'illustrer dans de coûteuses adaptations d'opéras, à partir du Don Giovanni de Joseph Losey, avec Ruggiero Raimondi (1979), où les intérêts bien compri […]
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