Citoyen hélvétique, Daniel Schmid a illustré une des tendances du jeune cinéma allemand avant de se replier sur des thèmes propres à son pays d'origine, dans des œuvres plus intimes (Hors saison) ou plus engagées dans les réalités de la Suisse (Berezina). Issu d'une famille qui dirigeait depuis plusieurs générations un grand hôtel (aujourd'hui le Romantik Schweizerhof) situé à Flims, une station de montagne du pays des Grisons, il a utilisé ce cadre particulier comme lieu de tournage pour Cette nuit ou jamais et vingt ans plus tard pour un film semi-autobiographique, Hors saison. Né dans une région de langue romanche, c'est en allemand qu'il fait ses études, à Berlin où il réussit le concours d'entrée de la toute nouvelle école de cinéma. Il fait partie de la première promotion, aux côtés de personnalités aussi diverses qu'Helke Sander, Wolfgang Petersen, Harun Farocki, Christian Ziewer...
Au sein du nouveau cinéma allemand, Daniel Schmid a tout d'abord été perçu comme un baroque, adepte d'un cinéma « décadent », tout comme Werner Schroeter (avec qui il lui est arrivé de collaborer), voire Hans-Jürgen Syberberg. Malgré leur ambivalence, de tels qualificatifs soulignent l'originalité de son œuvre : un style antinaturaliste, une inspiration poétique qui se tourne vers l'opéra et la chorégraphie. Cette nuit ou jamais (Heute Nacht oder nie, 1972), inspiré par une ancienne tradition de Bohême qui voulait que le jour de la Saint-Jean Népomucène, maîtres et serviteurs échangent leurs rôles sociaux, est un film surprenant, chargé de références à l'esthétique fin de siècle et à la Sécession viennoise, et nourri d'imageries populaires. Daniel Schmid s'oriente plus profondément vers l'opéra dans La Paloma (1974), film fractionné, symboliste, non dépourvu de clins d'œil vis-à-vis des grands anciens (Stroheim), et dont les plans sont souvent construits comme des tableaux kitsch. Sa fascination pour le mélodrame s'exprime plus ouvertement dans deux autres films : Violanta (1977), qui se réfère aussi à la t […]
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