Né à Henan (Chine) le 28 février 1939, Daniel Chee Tsui émigre aux États-Unis en 1958 pour étudier à Rock Island (Illinois) puis à l'université de Chicago, où il soutient sa thèse de doctorat en physique en 1967. Il rejoint les laboratoires de la compagnie Bell en 1968. Il est nommé professeur d'électrotechnique à l'université de Princeton en 1982.
Il partage avec son collaborateur Horst L. Störmer et le théoricien Robert B. Laughlin le prix Nobel de physique 1998 pour la découverte de l'effet Hall quantique fractionnaire, une nouvelle forme de fluide quantique dont les excitations portent une fraction de la charge électrique élémentaire. Cet étonnant état est formé par des électrons placés dans un champ magnétique de plusieurs dizaines de teslas et refroidis jusqu'à une fraction de kelvin. La découverte a été rendue possible par l'utilisation de couches très fines de semi-conducteurs à dopage modulé fabriquées par épitaxie par jet moléculaire ; ce procédé technologique fondé sur l'évaporation sous vide d'un matériau permet par ailleurs la production de nouveaux types de transistors à arséniure de gallium utilisés aujourd'hui dans certains téléphones cellulaires. L'expérience effectuée en 1982 au M.I.T. par Störmer et Tsui avait d'abord pour but d'approfondir la compréhension de l'effet Hall quantique découvert par le physicien allemand Klaus von Klitzing (Prix Nobel 1985). Le comportement électrique de l'échantillon apparut différent : tout se passe comme s'il existait de nouvelles particules de charge trois fois plus petite que celle de l'électron. Laughlin montra que ce n'était que la conséquence d'une réponse collective des électrons.
Bernard PIRE
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