Le terme « daltonisme » désigne, dans le langage courant, une déficience de la vision des couleurs, ou dyschromatopsie. Le daltonisme est ainsi nommé en hommage au célèbre chimiste anglais John Dalton (1766-1844) qui le décrivit en 1794 en analysant sa propre vision colorée. Le daltonisme est congénital, existant dès la naissance et n'évoluant pas au cours de la vie. Il est aussi héréditaire, se transmettant d'une génération à l'autre. À coté de la déficience colorée très fréquente que décrivit Dalton, il existe d'autres dyschromatopsies héréditaires rares (tritanopie, achromatopsies) et aussi des déficiences acquises de la vision des couleurs secondaires dues à des maladies de l'appareil visuel dont elles constituent un signe clinique. Les progrès de la biologie et de la génétique moléculaire ont modifié notre compréhension du mécanisme de cette déficience. Sur le plan pratique, la grande fréquence de celle-ci impose une sélection professionnelle en raison du rôle croissant de la couleur dans les activités modernes.
1. Anomalies de la vision colorée
La vision colorée normale est trichromatique. Du point de vue physiologique, cela signifie qu'elle est due à l'absorption des radiations lumineuses par trois types différents de pigments visuels, chacun contenu dans un type spécifique de cellules à cônes de la rétine. On distingue les S-cônes (S comme short), les M-cônes (M comme middle) et les L-cônes (L comme long) dont les courbes d'absorption ont des maximums dans les courtes, les moyennes et les grandes longueurs d'onde du spectre.
Chez les sujets trichromates normaux existe déjà un polymorphisme des pigments qui entraîne de petites variations interindividuelles de la vision colorée. Dans le daltonisme, ces variations sont grandes et donnent lieu à plusieurs degrés de déficiences :
– Trichromatisme anormal. La vision reste trichromatique, mais l'altération de la molécule d'un des trois pigments cause un décalage de sa courbe d'absorption, d'où une déficience colorée. La pathologie du L-cône consti […]
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