3. L'exil
Après le soulèvement populaire du 10 mars 1959, où plus de trente mille personnes se réunirent à Lhassa pour le protéger, et les représailles qui suivirent, le dalaï-lama choisit l'exil. Il traversa l'Himalaya et arriva à dos de yak en Inde, avec une partie de son entourage et de son trésor. Quatre-vingt mille Tibétains l'imitèrent.
Accueilli par Nehru, qu'il avait connu à Pékin, il s'installa dans le village de McLeod Ganj, à une douzaine de kilomètres au nord de la ville de Dharamsala, dans l'État de l'Himachal Pradesh. C'est là qu'il réside encore aujourd'hui, à courte distance – à vol d'oiseau – du Tibet occupé et colonisé par la Chine. Il y a reconstitué une sorte de Tibet en exil, en accordant à l'éducation et à la culture une place prépondérante : écoles, crèches, couvents, bibliothèques, lieux d'étude de toutes sortes s'éparpillent dans la montagne, tout autour du couvent principal, entre 2 000 et 3 000 mètres d'altitude.
Son combat n'a jamais cessé. Il a beaucoup voyagé et beaucoup publié. Les diverses résolutions votées par l'O.N.U. pour demander à la Chine de respecter les droits de l'homme au Tibet étant restées lettre morte, il a lui-même réfléchi à différents projets. En 1987, à Washington, il a proposé un plan de paix en cinq points, repris en 1988 devant le Parlement européen à Strasbourg. Il a voulu faire du Tibet une zone démilitarisée et écologiquement protégée, propositions qui, jusqu'à présent, ont toujours été rejetées, tandis que la colonisation et la répression n'ont pas cessé.
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