Le premier camp de concentration nazi sur le territoire allemand fut ouvert le 10 mars 1933, un peu plus de cinq semaines après l'accession d'Adolf Hitler au poste de chancelier. Construit à la lisière de la ville de Dachau, à une quinzaine de kilomètres au nord de Munich, il constitua le modèle sur lequel s'organisèrent ensuite tous les autres camps.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les quelque 150 camps annexes (Kommandos) qui dépendaient du camp principal dans le sud de l'Allemagne et en Autriche furent désignés collectivement sous le nom de Dachau. Cette infrastructure s'ajoutait aux réseaux de camps du centre et du nord de l'Allemagne, Buchenwald et Sachsenhausen. Sur les 160 000 prisonniers qui furent enfermés dans le camp principal, et les 90 000 qui furent détenus dans les camps périphériques, on estime qu'au moins 32 000 moururent de maladie, de malnutrition, de mauvais traitements ou furent exécutés, et un nombre bien supérieur fut déporté dans les camps d'extermination polonais.
La typologie des détenus varia en fonction des politiques suivies par les nazis. Les premiers internés furent les sociaux-démocrates et les communistes, entre autres prisonniers politiques. Du reste, Dachau resta jusqu'à la fin principalement un « camp politique ». Furent ensuite détenus à Dachau les Tziganes, les homosexuels et les Témoins de Jéhovah. Les Juifs y furent déportés après la Kristallnacht (la « Nuit de cristal », du 9 au 10 novembre 1938). Dans un premier temps, ceux qui avaient la possibilité de quitter l'Allemagne étaient libérés. Mais, quand la « solution finale » fut mise en œuvre, à partir du début de l'année 1942, de nombreux Juifs furent déportés dans les camps d'extermination. Certains échouèrent de nouveau à Dachau après les « marches de la mort » de l'hiver 1944-1945. Ces marches, organisées pendant l'évacuation des camps d'extermination, furent l'une des dernières phases de la Shoah.
Le prototype que constitua Dachau fut mis au point par son premier commandant, Theodor Eicke, qui devint par la […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



