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D'EUGÈNE DELACROIX AU NÉO-IMPRESSIONNISME, livre de Paul Signac

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2.  Un manifeste rigoureusement construit

Signac développe ensuite rigoureusement sa pensée. Un premier chapitre, intitulé « Documents », explique ce qu'est « la division », comment cette touche a été pressentie par Delacroix, et les analogies entre la technique de celui-ci et celle des néo-impressionnistes. Il appuie sa démonstration essentiellement sur le texte de Delacroix et sur les propos de critiques contemporains de l'artiste. Il termine en montrant comment la réception de Delacroix, peu favorable en son temps, est comparable à celle qui avait été réservée aux néo-impressionnistes : « Aux recherches similaires, accueil identique : quelques critiques. » 

Un deuxième chapitre montre « L'Apport de Delacroix », essentiellement du point de vue de « la conquête progressive de la lumière et de la couleur », domaine dans lequel, selon Signac, l'influence des peintres anglais, Constable et Turner, est considérable. La discussion se resserre ensuite sur les aspects purement techniques de la couleur, avec « L'Apport des impressionnistes » (chap. iii) et « L'Apport des néo-impressionnistes » (chap. iv). Le cinquième chapitre fait la synthèse de « la touche divisée », qui « permet seule le mélange optique, la pureté et la proportion ». « La hachure de Delacroix, la virgule des impressionnistes, la touche divisée » sont « des moyens conventionnels et identiques » visant un même but, résumé dans le tableau synoptique qui forme le chapitre suivant, « donner à la couleur le plus d'éclat possible ». « Pourquoi admettre les deux premiers et non le troisième ?, interroge Signac. Il n'est pas plus gênant et offre des avantages sur les deux autres, en particulier du point de vue de la peinture décorative. » Un septième chapitre, « Témoignages », vise à renforcer la démonstration en s'appuyant sur trois auteurs qui, selon Signac, ont eux aussi « prévu toutes les ressources que le futur apport des néo-impressionnistes, la touche divisée d'éléments purs, pouvait offrir à l'art » : Charles Blanc, John Ruskin (que Signac connaissait par la traduction, restée inédite, de son ami le peintre Henri Edmond Cross, et qu'il termina lui-même pendant la Première Guerre mondiale), et enfin l'Américain, O. N. Rood, dont la Théorie scientifique des couleurs et leur application à l'art et à l'industrie avait été publiée en 1881. Un dernier chapitre, « L'Éducation de l'œil », conclut l'ouvrage par une vigoureuse défense du néo-impressionnisme en montrant « qu'en France on est rebelle à toute nouveauté d'art, et non seulement insensible, mais hostile à la couleur », au moins depuis Corot.

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