Le cymbalum est un instrument à cordes de la famille du tympanon et qui est utilisé dans de petits ensembles, notamment par les Roms d'Europe centrale. Il possède une caisse de résonance trapézoïdale montée sur quatre pieds, avec une étendue chromatique de quatre octaves et, contrairement aux autres instruments de la même famille, une sourdine à pédale pour étouffer le son des cordes. Le cymbalum comporte environ cent vingt-cinq cordes métalliques, à raison de trois à cinq cordes par note. Certaines cordes rencontrent deux ou trois chevalets sur l'ensemble de leur longueur. Le musicien, qui joue assis, frappe les cordes avec deux petits marteaux en bois, un dans chaque main ; ces marteaux sont recouverts de cuir dur ou souple, selon le son qui est recherché.
Apparenté au santūr persan au Hackbrett germanique, le cymbalum est joué en Hongrie dès le xvie siècle. Des cimbaloms portatifs traditionnels, d'origine plus ancienne, sont encore joués dans les campagnes hongroises ; on en trouve des formes étroitement apparentées en Roumanie, en Grèce, en Pologne, en Lettonie, en Lituanie et en Estonie. La version portative du cymbalum est accrochée à l'aide d'une courroie aux épaules de l'instrumentiste, qui en joue debout.
Le cymbalum moderne a été inventé à Budapest vers 1870 par Jozsef Schunda. Une vingtaine d'années plus tard, il était proclamé instrument national de la Hongrie et, dès 1897, on a commencé à enseigner le cymbalum à l'Académie de musique de Budapest. Il semble que ce soit Franz Liszt qui ait introduit le cymbalum dans l'orchestre « classique », dans la version révisée de sa Ungarischer Sturmmarsch (1875) ; le cymbalum a été utilisé par Igor Stravinski dans Renard (1916) et dans Ragtime (1918), par Zoltán Kodály dans Háry János (1926), par Heinz Holliger dans Glühende Rätsel (1964), par Pierre Boulez dans Répons (1981), par Peter Eötvös dans Psychokosmos (1994)...
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