2. Le fonctionnement d'un cyclone
Un cyclone est une formidable machine thermodynamique qui « consomme » des milliers et des milliers de kilomètres cubes d'air. Ces mouvements d'air, extrêmement violents, génèrent des phénomènes météorologiques gigantesques qui développent une énergie considérable, équivalente à celle de plusieurs bombes atomiques par seconde !
À l'intérieur de la zone couverte par l'œil, l'air subit de puissants mouvements descendants. Cette subsidence contrarie la formation des nuages et parvient fréquemment à les faire disparaître. C'est ainsi que l'on explique le ciel relativement dégagé que l'on observe le plus souvent dans cette zone. De même, cette compression des couches d'air vers le bas provoque une hausse de la température ; de fait, les températures sont fréquemment plus élevées à l'intérieur de l'œil qu'à l'extérieur. Quand les masses d'air atteignent l'océan, elles prennent un mouvement tourbillonnaire sous l'effet de la force de Coriolis et divergent en subissant une force centrifuge qui tend à le déporter vers l'extérieur. Simultanément, l'air qui se trouve en surface, au-dessus de l'océan, à quelque distance du cyclone, est attiré vers le centre de celui-ci, c'est-à-dire vers l'œil. La pression, très basse à l'intérieur de l'œil, peut être comparée à un véritable puits qui attire l'air irrésistiblement. Celui-ci se déplace en spirales et tournoie de plus en plus rapidement au fur et à mesure qu'il se rapproche du centre. Il se heurte à la force centrifuge exercée par les mouvements descendants de l'œil. Résultat, il est brutalement rejeté en altitude. Cet air chaud, léger, très humide, provoque la formation d'énormes nuages. C'est un véritable mur de nuages orageux qui entoure alors l'œil du cyclone. La condensation de la vapeur d'eau libère alors de la chaleur latente, ce qui accroît encore le processus et constitue en quelque sorte le « carburant » du cyclone.
Ce mécanisme explique le comportement du cyclone quand il atteint le continent. Privé brutalement de l'air chaud et humide qu'il trouvait en abondance au-dessus de l'océan, dépourvu de carburant, sa puissance diminue rapidement. Ainsi, les côtes sont toujours plus durement touchées que les régions de l'intérieur. On a vu des cyclones perdre une grande partie de leur intensité en survolant des îles et reprendre de l'activité sitôt l'océan retrouvé. À haute altitude, l'air est évacué vers l'extérieur du cyclone.
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