3. L'État et le cycle des affaires
Tout autant que celle des cycles longs, l'explication des cycles plus courts (Juglar) divise les économistes. En la matière, le débat s'est porté sur le rôle de l'État pour contrer ou atténuer les cycles d'affaires.
• Le rôle de la politique économique
Pour ceux qui s'inscrivent dans la tradition keynésienne (Jean-Paul Fitoussi en France, Paul Krugman ou Joseph Stiglitz qui fut Prix Nobel d'économie en 2001) aux États-Unis, les cycles courts sont le résultat de politiques économiques inadaptées. Cette lignée de pensée, reprenant les apports de Paul Samuelson (prix Nobel d'économie en 1970), fait reposer les mécanismes cycliques sur le marché lui-même. Lorsque les affaires marchent, les entreprises investissent et constituent des stocks, ce qui stimule la croissance. Mais, pour peu que des signes avant-coureurs de ralentissement se fassent sentir, elles freinent leurs investissements et réduisent leurs stocks, ce qui accentue le ralentissement : c'est le mécanisme dit de l'accélérateur, qui fonctionne en cercle tantôt vertueux, tantôt vicieux. Vertueux, lorsque les entreprises investissent, car elles embauchent alors et donc distribuent de plus en plus de revenus. Mais lorsqu'elles freinent leurs investissements, le cercle devient vicieux : moins d'embauches, donc des débouchés qui croissent moins vite, donc encore moins d'investissements.
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