1. Caractères généraux
L'organisation fondamentale d'un crustacé, celle que l'on peut attribuer à l'arthropode ancestral dont serait issu l'ensemble de la classe, est très simple : la tête, formée par la coalescence de l'acron primitif et de trois segments, est pourvue de deux paires d'appendices sensoriels, ou antennes, et d'une paire d'appendices masticateurs, les mandibules ; elle est suivie d'une série de segments, ou somites, tous semblables, chacun porteur d'une paire d'appendices biramés ; sur le dernier s'insère un article apode, le telson.
Chaque segment a un squelette externe imprégné de chitine et formé de deux plaques, l'une dorsale arquée, le tergite, l'autre ventrale, le sternite, réunies latéralement par les pleures, ceux-ci pouvant être renforcés par des sclérifications ou pleurites dans le prolongement du tergite. Les appendices s'attachent de part et d'autre du sternite.
Par la possession de mandibules, cet archétype des crustacés se range parmi les arthropodes mandibulates, c'est-à-dire à côté des insectes et des myriapodes, mais se distingue par la présence de deux paires d'antennes au lieu d'une seule, par la bifurcation des appendices et par l'absence de trachées.
En fait, l'organisation décrite ci-dessus est entièrement hypothétique et on ne connaît aucun crustacé vivant ou fossile dont les segments céphalisés soient si peu nombreux, et dont le corps soit formé d'une succession de segments semblables dotés d'appendices identiques.
Au cours de l'évolution, des adaptations fonctionnelles ont entraîné une spécialisation des appendices et, en même temps, la différenciation du corps en régions morphologiquement distinctes, avec modification, fusion ou même disparition d'éléments métamériques originels. Ainsi le corps d'un crustacé, exception faite des formes très modifiées par la vie fixée ou par le parasitisme, est divisé en trois régions, ou tagmes : la tête, ou céphalon, incluant au moins cinq segments d'origine somatique, le thorax, ou péréion, dont un nombre variable de segments pe […]
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