3. Systématique
Les Crucifères constituent soit un ordre (d'après Hutchinson), soit une famille dans l'ordre des Rhœadales (d'après Emberger).
• Principales tribus
Très schématiquement, on peut diviser les Crucifères en deux groupes : celles qui ont des siliques et celles qui ont des silicules ; mais en fait la séparation n'est pas toujours aussi nette : siliques et silicules peuvent s'observer dans un même genre ou dans des genres voisins par d'autres caractéristiques. Il ne suffit donc pas d'un seul caractère pour fonder une systématique. Pour déterminer une Crucifère, on fait encore appel à la couleur et à la taille des fleurs, à la forme et à la disposition des feuilles, à la présence de poils étoilés ou simples, au plus ou moins grand développement du système nectarifère, à l'aspect des embryons... Le choix et la hiérarchisation des caractères peuvent varier selon les auteurs, ce qui explique les différences dans le nombre et le fractionnement des tribus ; ainsi, il peut y avoir de dix à vingt tribus d'importance variable ; on en reconnaît généralement quatre principales :
– Brassicées. Cotylédons pliés dans la graine. Siliques complexes (avec un bec) et silicules indéhiscentes plus ou moins ouvragées.
– Arabidées. Cotylédons plats. Système nectarifère régulier et assez complet. Siliques peu différenciées et silicules spécialisées.
– Alyssées. Cotylédons plats. Système nectarifère réduit, souvent zygomorphe. Siliques et surtout silicules globuleuses ou à valves plates.
– Lépidiées. Cotylédons plats. Système nectarifère réduit, souvent zygomorphe. Silicules à valves creuses et parfois plus ou moins globuleuses.
Si l'on envisage ces tribus, non plus d'une manière purement descriptive et statique mais dans une perspective évolutionniste, les Arabidées semblent les plus proches de ce qu'on pense être le type primitif en raison de leur système nectarifère assez complet et de leurs siliques. Par l'existence d'intermédiaires, les trois autres tribus s'y rattacheraient plus ou moins étroitement ; les Alyssées ont un système nectarifère réduit, des siliques peu différenciées ou des silicules. Les Brassicées, avec un appareil nectarifère très réduit, ont réalisé, dans le type silique, une grande complexité. Enfin, les Lépidiées ont elles aussi des nectaires plus ou moins développés, mais sont caractérisées par des silicules très variées, plates, aux valves souvent très creuses.
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