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CROYANCE

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3.  L'assentiment

On doit aux stoïciens d'avoir ajouté un troisième trait à la philosophie grecque de l'opinion ; ce troisième trait devait conduire de façon décisive à la philosophie moderne (cartésienne, humienne, kantienne) du jugement. C'est d'une tout autre distribution des notions que cette dernière procède, à savoir d'une véritable analyse psychologique de l'opération en quoi consiste la saisie (katalepsis) ou appréhension des choses qui se décompose en deux termes dont l'un est « reçu » : l'image, la représentation (phantasia) ; et l'autre, une véritable action : l'« assentiment » (sunkatathesis).

Cicéron, qui latinise les notions stoïciennes et ainsi les rapproche de nous et des champs sémantiques qui sont ceux des langues latines, rend compte de cette opposition en distinguant le visum (l'être vu, inerte, sans force propre) et la fides (Académiques, XI, 40) ; ce second terme intéresse notre enquête, car il souligne le caractère de confiance, de crédit, de créance par lequel nous « adjoignons » notre acceptation, notre « approbation », à ce qui n'est qu'une impulsion à croire : la fides est donc un acte volontaire qui dépend de nous, un accueil, une acceptation que nous pouvons refuser, « suspendre » (épochè), quand cet assentiment nous fait consentir aux passions mauvaises ; ainsi, grâce aux stoïciens, la notion d'assentiment est introduite dans la sphère de la croyance. Elle s'ajoute aux deux significations antérieurement dénombrées, à savoir l'opinion-apparence, qui avait été la note dominante de Parménide à Aristote, et l'opiner-juger, qui était resté la sous-dominante de la doxa grecque. On peut dire que cette troisième signification renforce la deuxième ; si la doxa de Platon devait être traduite quelquefois par jugement, cela est encore plus vrai de l'assentiment des stoïciens ; l'accent s'est décidément déplacé de la problématique de l'opinion vers celle de l'opiner. La notion philosophique de croyance est prête à passer dans le champ de gravitation d'une […]

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EMPIRISME

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ENFERS ET PARADIS

Écrit par :  Olivier CLÉMENTMircea ELIADE

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ENQUÊTE SUR L'ENTENDEMENT HUMAIN, livre de David Hume

Écrit par :  Francis WYBRANDS

…  qui ont fait leurs preuves en physique, au lieu de continuer à spéculer métaphysiquement. *Procédant à un inventaire des opérations de l'esprit humain (ressemblance, contiguïté, relation de cause à effet), il élabore une théorie de la croyance qui verra l'imagination promue au rang des facultés maîtresses de l'esprit : nous avons tendance… Lire la suite
EXISTENCE PHILOSOPHIES DE L'

Écrit par :  Jean WAHL

Dans le chapitre "Kierkegaard et son secret"  : …  séparent de lui. Par l'angoisse vers la hauteur, telle pourrait être la devise de ce parcours. La *croyance, ce n'est pas la certitude devant les idées claires et distinctes, mais un risque : elle est mêlée d'incertitude et de non-croyance. Que Dieu se soit incarné, ce sera toujours un scandale pour la raison, mais ce scandale est la vie même de… Lire la suite
EXPÉRIENCE

Écrit par :  Pascal ENGEL

Dans le chapitre "Le défi empiriste"  : …  leur relation aux croyances et aux jugements qui sont supposés en être dérivés. Hume, en assimilant* la croyance à une juxtaposition d'idées dans l'esprit, ignore son caractère propositionnel : croire, c'est croire que, c'est être capable de former des jugements. Mais ce n'est pas seulement parce que nous avons des expériences et des… Lire la suite
FOI

Écrit par :  Edmond ORTIGUES

Dans le chapitre "Origine et sens du mot « foi »"  : …  entre eux), la foi en autrui, la foi en soi-même... Dans tous ces cas, la foi est distincte du concept de *croyance ; elle est comme un pacte que l'on fait avec soi-même ou avec autrui ; elle implique la loyauté dans les conventions et la fidélité aux engagements pris. Comme on le verra, c'est la civilisation romaine de l'Antiquité qui, par l'… Lire la suite
FOLKLORE

Écrit par :  Nicole BELMONT

Dans le chapitre "Histoire du folklore comme discipline"  : …  plus spécifiquement les contes merveilleux), ils sont pour les frères Grimm des vestiges des *croyances et de la mythologie des anciens peuples germaniques. Le célèbre recueil, Kinder- und Hausmärchen (Contes des enfants et du foyer), publié d'abord en deux volumes (1812-1815), auquel s'en ajoutera un troisième consacré aux… Lire la suite
GRÈCE ANTIQUE (Civilisation) - La religion grecque

Écrit par :  André-Jean FESTUGIÈREPierre LÉVÊQUE

Dans le chapitre "Vers une religion nouvelle"  : …  430 environ, l'inquiétude étreint les consciences. D'une part, la réflexion des sophistes ruine la *croyance traditionnelle aux dieux en menant à leurs limites le rationalisme et l'esprit de libre examen. Remettant en question tout ce qui n'était fondé que sur l'autorité du passé, ils exercent une influence profonde, bien visible si l'on compare… Lire la suite
HOROSCOPE

Écrit par :  Jacques MAÎTRE

Dans le chapitre "Le marché des horoscopes"  : …  du double de ceux qui concernent la pratique régulière ou occasionnelle de la messe dominicale. La *croyance aux horoscopes est relevée sur deux plans : la prédiction par les signes astrologiques, 25 p. 100 ; l'explication des caractères par ces même signes, 36 p. 100 ; la supériorité du second pourcentage est très éclairante. La connaissance de… Lire la suite
HUME DAVID (1711-1776)

Écrit par :  Ferdinand ALQUIÉ

Dans le chapitre "La théorie de la croyance et le problème religieux"  : …  *Qu'est-ce, pourtant, que croire ? La théorie classique et celle de Hume partent ici d'une même constatation : l'idée d'un objet n'est pas la croyance en l'existence de cet objet (c'est en ce sens que Descartes remarquait qu'une idée n'est, en elle-même, ni vraie ni fausse). Mais la théorie classique part de cette constatation pour situer la… Lire la suite
ILLUSION

Écrit par :  Pierre KAUFMANN

… *Métaphoriquement dérivé de la réduction psychologique des enchantements magiques et des découvertes de l'optique géométrique, couronnant, avec Kant, la critique relativiste de l'optimisme leibnizien, le concept moderne d'illusion a conquis une position centrale dans la réflexion de Schopenhauer et dans celle de Nietzsche, avant de soutenir le… Lire la suite
JUGEMENT

Écrit par :  Noël MOULOUD

Dans le chapitre "Proposition et assertion, expression et déclaration, croyance et adhésion"  : …  dans sa relation avec les sujets qui le portent, ou avec ceux qui l'enregistrent ou y réagissent. *Sous le premier aspect, le jugement représente un état individuel de la croyance, assez assurée pour revendiquer une confirmation ou une vérification. Sous le second aspect, il est communication de cette croyance, et réclame un assentiment… Lire la suite
LOGIQUES NON CLASSIQUES

Écrit par :  Jacques-Paul DUBUCS Universalis

Dans le chapitre "Logique épistémique"  : …  tout système formel construit sur la base d'un langage comportant des opérateurs de « * croyance » et de « savoir ». Il convient toutefois de préciser que la propriété d'être « épistémique » n'est aucunement une propriété intrinsèque d'un système formel, mais plutôt une propriété que nous serions éventuellement disposés à lui… Lire la suite
MAINE DE BIRAN (1766-1824)

Écrit par :  Henri GOUHIER

Dans le chapitre "La philosophie de Maine de Biran"  : …  pas l'essence de cette âme ; avec cette réserve : nous croyons à son existence. Le mot *croyance n'a pas ici un sens religieux. Disons en gros : l'assurance que tel objet qui est sous mes yeux existe double la connaissance que j'ai de ses propriétés, de sa forme, de ses couleurs, etc., mais elle en est radicalement différente. C'… Lire la suite
MERVEILLEUX

Écrit par :  Jacques GOIMARD

Dans le chapitre "Le mythe"  : …  de leur initiation, qui s'accompagne d'épreuves commémorant le récit mythique. Le mythe requiert la *croyance dans la société où il a cours : pour l'initié, sa vérité ontologique est éprouvée comme dévoilement et confirmée par l'adéquation du rite au mythe, de la copie au modèle. Les commentateurs modernes glissent volontiers de la valeur de… Lire la suite
MYTHE - Approche ethnosociologique

Écrit par :  Pierre SMITH

Dans le chapitre "Mythologie et sociologie"  : …  tout en étant des œuvres anonymes, sans origine repérable, qui n'offrent d'autres garanties à la* croyance des auditeurs que l'adhésion de ceux qui les leur transmettent. D'autre part, le contexte dans lequel ils sont contés offre un intérêt tout particulier pour l'ethnologue ; en effet, à moins qu'ils ne soient transmis systématiquement au… Lire la suite
PENSÉE

Écrit par :  Pascal ENGEL

Dans le chapitre "Qu'appelle-t-on penser ? "  : …  suite pensé que vous étiez Livingstone. » Dans ces contextes, on pourrait remplacer « penser » par* « croire », « juger » ou « reconnaître ». « Penser » appartient à la catégorie des verbes que les philosophes appellent, à la suite de Russell, « attitudes propositionnelles » tels que « douter que », « vouloir que », « souhaiter que », par lesquels… Lire la suite
PHÉNOMÉNOLOGIE

Écrit par :  Renaud BARBARASJean GREISCH

Dans le chapitre "L'« épochè » phénoménologique"  : …  apparaître le plan où la corrélation devient compréhensible. La vie naïve est caractérisée par la *croyance, non thématisée, en l'existence en soi d'une unique réalité dont ma conscience, comme celle des autres, fait réellement partie et avec laquelle nous entretenons des rapports eux-mêmes réels. Husserl nomme « attitude naturelle » cette thèse d… Lire la suite
PRAGMATISME

Écrit par :  Gérard DELEDALLE

Dans le chapitre "Le pragmatisme, théorie de la vérité ou théorie de la signification ?"  : …  a une fonction de validation rétrospective : « La vérité vit à crédit. » « Nos pensées et nos *croyances, poursuit James, « passent » comme monnaie ayant cours tant que rien ne les fait refuser, exactement comme les billets de banque tant que personne ne les refuse. Mais tout ceci sous-entend des vérifications, expressément faites quelque part… Lire la suite
PRIÈRE ET CONTEMPLATION

Écrit par :  Albert-Marie BESNARD

Dans le chapitre "Le rôle de la croyance"  : …  mais le recours va être lui-même conditionné par le type de relation qui unit l'orant et son dieu.* C'est la croyance qui encourage, justifie et structure le recours. Une question capitale se pose : n'est-il pas essentiel à la prière que son terme transcendant soit conçu comme personnalisé ? Une puissance impersonnelle peut être crainte, célébrée… Lire la suite
PROBABILITÉ SUBJECTIVE

Écrit par :  John COHEN

Dans le chapitre "Influence de la croyance à la chance"  : …  *Un aspect de la probabilité subjective qui joue un rôle important est la croyance à la chance. Ce que nous croyons qui arrivera est fonction de ce que nous pensons qui arrivera si nous avons de la chance ou non. Cette croyance a tendance à s'établir de manière ferme et cohérente. Considérons la question suivante : « Combien de fois pensez-vous… Lire la suite
RÉALITÉ

Écrit par :  Ferdinand ALQUIÉ

…  ; elle n'épuise pas le contenu de ce que nous avons dans l'esprit quand nous parlons de réalité. *C'est en ce sens que Hume remarque que la croyance ne se réduit en rien à une idée, ni à la synthèse de deux idées, à la combinaison de deux concepts. Le jugement d'existence ne dérive pas du jugement de relation, il ne relie pas, à un sujet d'abord… Lire la suite
RELIGION - Sociologie religieuse

Écrit par :  Olivier BOBINEAU

Dans le chapitre "Nouvelles définitions"  : …  qui se reconnaissent dans une même tradition (dimension horizontale). Quant à Danièle Hervieu-Léger,* elle définit la religion comme un mode spécifique du croire reposant sur une lignée croyante, laquelle véhicule des symboles et des rites selon une référence légitimatrice à une mémoire autorisée, traditionnelle : « Comme nos pères ont cru, nous… Lire la suite
SACRÉ

Écrit par :  Dominique CASAJUSAndré DUMAS Universalis

Dans le chapitre "Universalité et fonctions du sacré"  : …  faut aussi remarquer que le caractère sacré n'appartient pas à la substance des objets ou des lieux.* Ils deviennent sacrés en référence à une croyance, même quand celle-ci ne s'explicite plus de manière consciente. Si l'on cherche donc les raisons de l'universalité du sacré, il faut remonter, par-delà l'organisation de la vie entre deux domaines, l… Lire la suite
SCIENCES - Science et philosophie

Écrit par :  Alain BOUTOT

Dans le chapitre "Science et philosophie de la vie"  : …  tous bords. Nous pensons d'ordinaire que les progrès de la science ont repoussé les frontières de la* foi, qu'en devenant plus savants nous sommes devenus moins croyants. Mais cette victoire du savoir sur la foi, de l'esprit positif sur l'esprit théologique, comme dirait Comte, est bien fragile. Ce n'est même pas une victoire du tout, car la foi n'a… Lire la suite
SECTES

Écrit par :  Louis HOURMANTJean SÉGUY

Dans le chapitre "Les sectes comme phénomène social"  : …  qui explique la multiplication des sectes par une recherche nouvelle de sens, par un renouveau du *besoin religieux qui serait également perceptible dans les mouvements de renouveau internes aux Églises. Une telle explication fait peu de cas de la diversité des aspirations rencontrées dans les mouvements : peut-on penser, par exemple, que l'… Lire la suite
SENTIMENT

Écrit par :  Olivier REBOUL

Dans le chapitre "Qu'est-ce qu'un sentiment ?"  : …  monde existe, que les autres existent, ils ne sentent plus leur présence, elle ne les touche plus. *Plus précisément, sentiment signifie croyance, assentiment : « tel est mon sentiment », dit-on pour souligner qu'on assume totalement l'idée qu'on exprime, qu'on la porte avec son corps et ses mouvements les plus intimes. Le sens d'Lire la suite
SUPERSTITION

Écrit par :  Sylvain MATTON

…  le jugement de Renan, qui voyait là un mot d'une clarté superficielle : utilisé pour désigner des *croyances et des pratiques religieuses irrationnelles, il se révèle être le plus souvent un concept polémique par lequel on condamne la religion de l'autre, voire toute religion. En montrant que les comportements magico-religieux sont toujours… Lire la suite
SURVIE

Écrit par :  Raoul VANEIGEM

… *Le terme de survie appartient, dès son attestation la plus ancienne, au domaine du droit et de la jurisprudence. On appelle gain de survie une disposition prévoyant que les avantages de l'un des conjoints passeront à celui qui lui survivra. Les biens matériels que, de facto, le défunt perd avec la vie se trouvent ainsi conservés en d'autres mains… Lire la suite
VALEURS, philosophie

Écrit par :  Pierre LIVET

…  cercle se referme, nos motivations (nos désirs) deviennent simplement les sources de nos valeurs. *Les philosophes ont été sensibles au danger qu'il y aurait à voir nos valeurs se réduire à nos désirs, et ils ont proposé d'instaurer une division radicale entre les faits et les motivations, entre les croyances et les désirs. Si donc nous croyons en… Lire la suite
WEBER MAX (1864-1920)

Écrit par :  Julien FREUND

Dans le chapitre "Les lignes directrices de la philosophie wébérienne"  : …  *La désagrégation lente mais irréversible du christianisme, qui ne cesse de s'accentuer depuis plus d'un siècle, et la floraison conjointe des philosophies les plus diverses réveillent dans l'âme humaine des déchirements et des ruptures que le pathos unitaire grandiose de l'éthique chrétienne avait réussi à masquer pendant plus d'un millénaire. La… Lire la suite

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Dieu le père, P. Véronèse

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