Instrument à vent, en bois, à anche double enfermée dans une sorte de bassin, à corps cylindrique, de la famille des bombardes (xvie-xviie s.). Son nom vient de l'allemand Krummhorn (cor recourbé) et évoque la forme du tuyau. La basse des cromornes est aussi appelée, pour cette raison, tournebout ; on y trouve également un soprano et un alto. Le cromorne comprend de 6 à 7 trous, dont le plus éloigné de l'embouchure est parfois muni d'une clé.
À l'orgue, c'est un jeu d'anche qui sonne en 8 pieds, parfois en 4, et qui est ordinairement au positif. En 16 (rare), il se place au pédalier. Son timbre est dit cruchant quand il est bien harmonisé. C'est un jeu soliste particulièrement apprécié des compositeurs (dessus, taille, basse) ; il dialogue avec le cornet ou la tierce et tient bien sa partie simple ou double dans les fugues à cinq de l'école française classique. On l'intègre enfin dans le petit et le grand jeu. À l'époque romantique, le cromorne fut trop souvent remplacé par une clarinette.
Pierre-Paul LACAS
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