3. Tendances des criminalités
La rationalisation par l'O.N.D. des outils de comptabilité traditionnels de la police et de la gendarmerie a permis d'apprendre à raisonner sur quatre « agrégats » de faits contentieux : les atteintes aux biens, les atteintes volontaires à l'intégrité physique, les escroqueries et les infractions financières (criminalité « réactive ») sont désormais clairement démarquées de l'agrégat des infractions révélées par la seule action des services, autrement dit de la criminalité sans victime (« criminalité proactive ») : par exemple la constellation des infractions liées aux législations sur les stupéfiants ou sur les étrangers.
Puisqu'un croisement peut désormais s'établir entre les trois premiers agrégats impliquant des auteurs et des victimes et l'apport des « enquêtes de victimes », qu'a-t-on appris relativement aux tendances générales de ces criminalités ?
• Reflux des délinquances d'appropriation de biens
S'agissant des « atteintes aux biens », l'O.N.D. montre une progression de la baisse générale des vols s'inscrivant dans une tendance structurelle, même si depuis 2005, une hausse significative des actes de destructions et de dégradations a pu être identifiée. Sur ce type de contentieux, après une période d'envolée des délinquances d'appropriation sur 25 années (1960-1985), la situation s'est stabilisée à partir de 1985, année où s'amorce une première baisse des « cambriolages ». Cette chute spectaculaire est globalement liée à la pénétration dans le corps social des techniques de la prévention situationnelle : les « gens » auraient appris à mieux protéger leurs biens.
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