6. La Crète gréco-romaine
L'archéologie de la Crète permet, mieux que celle d'autres régions de Grèce, de suivre le passage de l'âge du bronze à l'âge du fer, au début du Ier millénaire. Des sites comme Cnossos sont occupés sans interruption jusqu'à la période protogéométrique. L'histoire de cette période, qui voit l'arrivée des Doriens en Crète, reste cependant obscure. C'est à partir du début du viiie siècle, jusqu'au début du vie siècle, que la Crète connaît une véritable renaissance, qui se manifeste notamment dans les arts du métal et dans la sculpture en pierre dédalique. Les bronzes crétois orientalisants à reliefs (boucliers de l'Ida) sont exportés vers les grands sanctuaires grecs, Delphes ou Olympie. Les temples primitifs crétois, de Prinias ou de Dréros, fournissent, en pierre et en bronze, les exemples grecs les plus anciens de statues de culte, et le sanctuaire rural de Katô Symi, fréquenté sans interruption depuis l'époque des seconds palais, a livré une magnifique série de bronzes découpés.
La Crète connaît ensuite un certain repli : les Lois de Gortyne (ve s.) montrent la permanence de structures sociales anciennes. En marge du monde grec, elle subira cependant la répercussion des luttes entre Athènes et Sparte. À partir du ive siècle, les cités crétoises sont engagées dans de multiples conflits, qui aboutissent, au iie siècle, à la consolidation du pouvoir des cités principales, Cnossos, Gortyne, Lyttos, Kydônia, Hiérapytna. La Crète donne alors l'image d'un pays de mercenaires et de pirates. Ses positions dans les conflits du monde grec entraînent les interventions de Rome. La Crète est conquise en 69-67 par Métellus et réunie en 27 à la Cyrénaïque en une province dont la capitale est Gortyne ; vers la même date, une colonie romaine est fondée à Cnossos. C'est au moment des réformes de Dioclétien, à la fin du iiie siècle après J.-C., que la Crète constitue à elle seule une province romaine, rattachée à la préfecture d'Illyrie.
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