3. Mécanismes d'arbitrage entre modes organisationnels
Les agents sont donc confrontés à des choix entre modes alternatifs d'organisation des transactions (la littérature récente parle souvent de « modes de gouvernance » ou même utilise souvent l'idée de contrats comme étant équivalente à celle de modes organisationnels, ce qui de notre point de vue est un abus de langage). Dans la comparaison qui oriente leurs choix, trois caractéristiques des transactions jouent un rôle particulièrement important. Évidemment, il n'est pas besoin de supposer que les agents ont une conscience claire de ces caractéristiques : les individus apprennent à faire des efforts pour marcher et à se protéger en tombant bien avant de connaître la loi de la gravitation, si jamais ils la connaissent ! Les trois caractéristiques fondamentales qui pèsent sur les transactions et leurs coûts sont, selon Williamson, l'auteur qui a le plus contribué au développement de cet aspect de l'analyse, la fréquence des transactions, le degré de spécificité des actifs – en particulier les investissements requis pour qu'une transaction puisse être envisagée – et le degré d'incertitude qui entoure celle-ci.
• Les caractéristiques des transactions
Reprenons ces trois caractéristiques en précisant leurs effets sur les coûts de transaction et sur le choix du « mode de gouvernance ». Une fréquence élevée, c'est-à-dire la répétition de transactions similaires, entraîne pour l'agent une familiarité avec les propriétés de cette transaction. Il en résulte un abaissement des coûts de transaction et donc un accroissement du volume des transactions. De là, d'ailleurs, l'importance de règles du jeu, d'institutions, qui facilitent les transactions. Cela étant, si la fréquence produit des effets non ambigus sur le niveau des coûts de transaction, ses conséquences sur le choix du « mode de gouvernance » sont moins nets. En effet, d'un côté l'abaissement des coûts de transaction devrait favoriser le recours au marché, mais de l'autre la […]
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