4. Les glissements sous-aquatiques
Les phénomènes de glissements sous-aquatiques ont été mis en évidence fort anciennement dans les formations sédimentaires. Il s'agit soit de glissements intra-formationnels (sliding) par décollement différentiel à l'intérieur d'une masse sédimentaire non encore pleinement consolidée ou par effet de pente, soit de glissements de masses (slumping) de dimensions variables (allant du simple bloc à des éléments de plusieurs kilomètres cubes) qui viennent s'interposer, au cours de la sédimentation d'une formation, en éléments allochtones ayant parcouru des distances de plusieurs kilomètres. Ces éléments, dénommés blocs exotiques, klippes sédimentaires ou olistolites, peuvent être isolés, disséminés au sein de la formation qui les accueille. Ils peuvent aussi constituer des accumulations importantes d'olistolites noyés dans une matrice bréchique ou microbréchique ; à de telles accumulations on donne le nom d'olistostromes. G. Flores et E. Beneo furent les premiers, en 1956, à mettre en rapport ces glissements gravitationnels avec l'évolution tectono-génétique des chaînes de montagnes. P. Elter et K. Schwab montrèrent en 1959 leur relation avec la mise en place de nappes de charriage dans un bassin de sédimentation.
Les glissements sous-aquatiques furent d'abord mis en évidence dans les lacs. Dans le domaine marin, l'existence de glissements est déduite, d'une manière générale, de la présence de masses glissées sur le fond, au pied d'une pente, ou du développement des courants de turbidité qu'ils induisent. Les observations en submersibles ont permis de constater l'existence de nombreux petits glissements le long des pentes. Les coulées boueuses ou sableuses (fluxoturbidites) représentent un mode de transport intermédiaire entre les glissements et les courants de turbidité. Elles sont bien connues dans les formations anciennes.
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