Petit-fils et de John Cotton et de Richard Mather, deux grands noms des premiers temps de la « Plantation du Seigneur » en Nouvelle-Angleterre, Cotton Mather, né en 1663, l'année précédant l'installation de son père Increase Mather comme pasteur de l'importante Seconde Église de Boston, a vécu dans la hantise de ce legs prestigieux. C'est un enfant du sérail, précoce, nerveux, intimidé par la stature publique d'un père acharné à débusquer la moindre ombre d'apostasie dans le plus petit recoin des âmes. En 1678, Cotton Mather a quinze ans et vient de sortir de Harvard. Il est le plus jeune bachelier que cette université ait connu, et il suivra la voie cléricale que lui trace la tradition familiale, mais non sans contrainte intime : c'est vers la médecine qu'allait son penchant. À seize ans, il prêche son premier sermon, sur le thème « Notre Sauveur béni, glorieux médecin des âmes », et l'année suivante il devient l'assistant de son père à la Seconde Église. Son long noviciat auprès de son père connut un entracte en 1688 lorsque après l'instauration du « Dominion de Nouvelle-Angleterre », Increase Mather fut dépêché à Londres pour négocier la restauration des privilèges de l'ancie […]
