3. Des conditions de production très contrastées
Sollicitée par une demande dynamique, la production mondiale de fibres de coton est passée de 56,5 millions de balles en 1976 à 81,5 millions de balles en 1986, puis à 90 millions de balles en 1996 avant de dépasser les 116 millions de balles en 2006, ce qui correspondait à cette date à une production supérieure à 25 millions de tonnes.
Les principaux pays producteurs sont la Chine, les États-Unis, l'Inde, le Pakistan, le Brésil, l'Ouzbékistan et la Turquie (tabl. 1). Compte tenu de la taille relativement limitée de chacun d'entre eux, les pays de la zone soudano-sahélienne de l'Afrique, qui produisent pourtant des quantités appréciables de coton, n'apparaissent pas dans cette courte liste. Toutefois, si on regroupe leurs productions, on constate qu'ils produisent ensemble à peu près autant de coton que l'Ouzbékistan et bien davantage que la Turquie, ce qui leur permet d'être à l'origine de 15 p. 100 des exportations mondiales.
Du fait de la très grande diversité des pays producteurs de coton, les conditions techniques, sociales et économiques de la production ne peuvent être que très contrastées. En Afrique subsaharienne, il s'agit d'une culture essentiellement manuelle disposant de peu de moyens techniques. Au Mali, même avec des apports d'engrais et plusieurs traitements d'insecticides, on n'obtient guère plus d'une tonne de coton-graine par hectare. En Inde, le rendement moyen national est du même ordre de grandeur. En revanche, en Chine, grâce à l'irrigation et à des apports en intrants beaucoup plus importants, les rendements par hectare peuvent atteindre 4 tonnes. Il s'agit toutefois encore d'une agriculture essentiellement manuelle.
Les rendements moyens obtenus aux États-Unis (2,5 tonnes/ha) et au Brésil (3 tonnes/ha) sont inférieurs aux rendements chinois, mais la production de coton y est très puissamment mécanisée et les rendements par unité de main-d'œuvre y sont considérablement plus élevés : pour la récolte un cotton picker permet de ramasser 800 kilogrammes de coton-graine à l'heure, soit au moins dix fois plus qu'un bon cueilleur manuel par jour. La récolte de celui-ci comporte toutefois beaucoup moins de débris végétaux indésirables : son coton est de meilleure qualité.
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