Lorsque les entreprises s'introduisent en Bourse, elles ne se font pas toutes coter sur le même marché. Tout dépend de leur réputation, de leur assise financière, de leur secteur d'activité, etc. En France, il existe trois marchés de cotation réglementés et un marché libre, ouverts aux entreprises françaises et étrangères.
Parmi les marchés réglementés, le premier marché est réservé à des entreprises dont la réputation et la solidité financière sont en principe acquises. Elles seules peuvent satisfaire aux critères quantitatifs et qualitatifs stricts de l'admission : une capitalisation boursière d'au moins 1 milliard d'euros, une ouverture au public d'au moins 25 p. 100 du capital, et d'autres conditions en termes de chiffre d'affaires, de résultat et de distribution de dividendes.
Le second marché a été créé en 1983 pour permettre le financement direct des P.M.E. Ses conditions d'accès sont plus souples : un seuil minimum de capitalisation boursière recommandé mais non imposé de 100 millions de francs, au moins 10 p. 100 du capital ouvert au public, une information régulière des actionnaires et des autorités de tutelle.
Le nouveau marché, appartenant au réseau de marchés européens appelé Euro N.M., a été ouvert en 1996. Il a vocation à accueillir, comme le Nasdaq américain, des entreprises jeunes et innovantes (start-up) à fort potentiel de croissance dans le secteur de la haute technologie. Pour s'y faire coter, aucune condition portant sur le chiffre d'affaires, la rentabilité ou l'historique des comptes. Les principales exigences sont un montant minimum de fonds propres de 1,5 million d'euros avant l'introduction et une ouverture au public d'au moins 20 p. 100 du capital.
Le marché libre (O.T.C. – « ouvert à toute cession ») – non réglementé comme son nom l'indique – a remplacé en 1998 le « hors-cote » ; il permet de négocier des valeurs n'appartenant à aucun autre compartiment de la cote.
Ces différentes catégories de marchés de cotation ne doivent pas être confondues avec le clivage fondamental entre marché primaire et marché secondaire. Le marché primaire désigne l'ensemble des valeurs à l'émission : c'est le marché du neuf, celui sur lequel les entreprises obtiennent leur financement. Le marché secondaire est, à l'inverse, celui de l'occasion, celui sur lequel on échange les titres déjà émis.
Christian de BOISSIEU
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