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PALAMAS COSTIS (1859-1943)

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2.  Une œuvre polyvalente

« Les pauvres sont ruinés par les dettes, incapables de les rembourser. Pour le technicien, même l'emprunt est un des instruments de son originalité. Du moment où un critique me dirait que mon poème est quelque chose d'unique et qui ne rappelle rien de pareil, je soupçonnerais que je n'ai aucune valeur ou que mon critique ne vaut rien. » Ce besoin de s'expliquer, de dissiper les malentendus, ne l'abandonne presque jamais ; conscient de son importance, Palamas ne permet ni à ses contemporains ni à la postérité des jugements arbitraires : vers la fin de ses jours, il fait le bilan de son œuvre, Ma Poétique (1933-1940). Certes, les reproches ne lui manquèrent jamais. Tantôt il passait pour un poète « obscur », tantôt on l'accusait d'inspirations « livresques ». Par ailleurs, bête noire pour les puristes, il dut faire face aux calomnies les plus viles et risquer son poste à l'Université. Pourquoi s'étonner si cette œuvre polyvalente donna naissance également à des malentendus d'ordre idéologique ?

Palamas fut le contraire d'un dogmatique. Dualiste en même temps que dialecticien, il porte en lui la contradiction, la thèse et l'antithèse, comme une nécessité inéluctable. Miroir de tous les courants de son temps, il s'en fait largement l'écho ; dans son jardin, on peut cueillir toutes sortes de fleurs. Bifurcation psychologique, prépondérance d'un rythme binaire, ou simplement besoin d'évolution ? « Le poète ne travaille ni pour la foule ni pour l'élite ; il travaille pour la Poésie » (1892). « Je ne suis pas seulement le poète de moi-même ; je suis le poète de mon temps et de ma nation » (1906). Dans l'univers de Palamas, tout a une place convenable : « l'art pour l'art » et l'engagement national, le classicisme et le romantisme, le symbolisme et le Parnasse, la science et la religion, l'Antiquité et Byzance, le rêve et la réalité, le positivisme et la métaphysique, le nietzschéisme et le socialisme. Mais on aurait beau « récupérer » Palamas, voire l'accuser de confusion : appartenant à la fraction progressiste et libérale de la bourgeoisie grecque, il en épouse et exprime les options fondamentales.

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GRÈCE - Langue et littérature

Écrit par :  Christophe CHICLETAndré MIRAMBELPanayotis MOULLAS

Dans le chapitre "Vulgaristes et puristes"  : …  par son tempérament, était le plus apte à diriger convenablement la lutte pour la langue populaire. *Une autre personnalité, le poète C. Palamas, jouera parallèlement un très grand rôle littéraire pendant un demi-siècle, se faisant l'écho de tous les courants esthétiques et philosophiques de son temps ; le sort du lyrisme néo-hellénique, comme celui… Lire la suite

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