2. Un objet de rivalités historiques
La Corse a toujours attiré l'attention des peuples commerçants qui ont cherché à s'assurer les voies maritimes. Le relief la divise en deux parties : l'Est (ou En deçà, par rapport à l'Italie) et l'Ouest (ou Au-delà), qui se sont souvent opposées et dont la rivalité a réduit l'efficacité de la lutte contre les conquérants, qui est le fait constant de son histoire.
• Une succession de colonisations
Les origines
Il n'est pas certain que l'île ait été occupée au Paléolithique ; par contre, les vestiges néolithiques sont très abondants, surtout dans le Centre, l'Ouest (Balagne) et le Sud (Sartenais). La période protohistorique commence à être connue grâce aux recherches systématiques conduites depuis 1954, qui ont mis au jour une civilisation mégalithique près du golfe de Valinco (Filitosa). Au IIe millénaire, les envahisseurs construisent des lieux fortifiés, des tours rituelles comparables aux nuraghès de Sardaigne, et ils dressent des statues-menhirs.
À l'époque historique, l'île abrite des populations d'origine ibérique et celtoligure venues du continent. Les Phéniciens ne font qu'y créer des comptoirs pour échanger leurs marchandises contre les produits indigènes. Les premières installations permanentes sont dues aux Phocéens, Grecs d'Asie Mineure, qui, après avoir fondé Marseille (vers 598 av. J.-C.), cherchent à assurer leurs liaisons avec la Grande Grèce et fondent vers 540 Alalia, à l'est, au débouché du Tavignano. De là, ils mettent en culture la plaine orientale, introduisent les techniques et la civilisation grecques ; c'est devant le port qu'une coalition étrusco-carthaginoise est vaincue en 535. Les fouilles entreprises à Aleria (Alalia) depuis 1955 ont démontré que l'occupation grecque avait eu plus de portée qu'on ne le pensait jusque-là, et que les relations avec la Grande Grèce furent étroites pendant tout le ive siècle ; puis le déclin de Syracuse fait passer l'île sous l'influence carthaginoise.
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