4. La corrida à travers les arts
• Préhistoire et Antiquité
L'apparition des représentations artistiques de taureaux coïncida très probablement avec la naissance de l'art. Les fouilles réalisées àÇatal Hüyük en Anatolie, site daté de 6700 à 5650 avant J.-C., ont mis au jour des temples ornés de têtes de taureaux ainsi que du mobilier et des piliers fabriqués en cornes de taureau stylisées. Ces constructions et ces objets auraient servi pour conjurer les esprits maléfiques, de la même manière que les couples de taureaux à tête humaine couramment gravés en signe de protection sur les portiques d'importants bâtiments dans le monde sumérien et en Assyrie. Les dieux taureaux et les cultes de sacrifice de taureaux étaient fréquents en Europe et au Moyen-Orient durant la préhistoire et l'Antiquité. L'animal y était révéré comme symbole de force et de fertilité. Le dieu-taureau Apis était ainsi adoré dans la ville de Memphis, capitale de l'Égypte sous l'Ancien Empire. De même, le taureau Nandi fut longtemps vénéré et dépeint dans l'art et l'architecture indiens comme la forme zoomorphique du dieu hindouiste Shiva.
Les scènes montrant un homme combattant des taureaux et d'autres bêtes sauvages sont également fréquentes. Certains combats sont ainsi représentés sur des peintures rupestres datant du paléolithique, entre 15 000 et 10 000 ans avant notre ère, découvertes dans des grottes en France et en Espagne. Les récits de ces combats sont légion dans la littérature mondiale. Le combat d'Hercule contre le lion de Némée, la mise à mort du Minotaure par Thésée et la victoire de Mithra sur un taureau, scène souvent représentée dans les arts hellénistiques, portent tous sur ce thème. Le premier matador mentionné dans la littérature est peut-être le héros de l'Épopée de Gilgamesh, légende babylonienne née il y a 4 000 ans. Les fresques découvertes à Cnossos, en Crète, dépeignent des danses acrobatiques ou des jeux durant lesquels des jeunes hommes et femmes sautent par-dessus les cornes de taureaux en train de charger.
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