2. Les protagonistes de la corrida
• Des taureaux
La perception des taureaux est souvent culturelle. Les peuples de culture hispanique et latino-américaine révèrent toujours cet animal pour sa grâce, son agilité et sa force maîtrisée. Dans le monde anglo-saxon en revanche, les expressions utilisant l'image du taureau sont souvent négatives et ne connotent que brutalité et grossièreté.
Les éleveurs de taureaux (ganaderos) disent généralement que les taureaux ont la taille et la corpulence de leur père, mais le cœur de leur mère. Les taureaux utilisés en corrida sont invariablement issus d'une lignée de race pure élevée dans des fermes spéciales (ganaderías). Les plus réputés sont ceux de Miura, éleveur de Séville : ils ont tué plus de célèbres matadors, dont le grand Manolete, que ceux de tout autre élevage. Peu après avoir été sevrés, vaccinés et marqués au fer, les mâles âgés d'un an sont éprouvés dans des champs ouverts. Les bêtes au pedigree et à la corpulence physique exceptionnels sont ainsi séparées des autres, puis soumises à une première série d'épreuves destinées à tester leur bravoure. Ces épreuves sont réalisées par des hommes montés à cheval, et en aucun cas des toreros à pied munis de capes. Les taureaux jugés suffisamment braves seront utilisés pour l'arène, les autres envoyés à l'abattoir. Entre deux et trois ans, les animaux sont à nouveau éprouvés sur toutes les étapes de la corrida dans un petit enclos circulaire dans la ganadería. Seuls ceux jugés bons sont conservés pour la saillie.
La famille royale avait coutume d'assister à ces épreuves (tientas), qui devinrent souvent des rendez-vous de la haute société. Lors d'une tienta, un éleveur peut éprouver plusieurs dizaines d'animaux en quelques jours. C'est aussi l'occasion pour les toreros débutants ou retraités de se produire devant des vachettes destinées à la saillie, pour les matadors réputés de pratiquer de nouvelles passes, et pour les matadors amateurs et les gens de lettres de tester leur courage d […]
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