Instrument à vent qui se compose d'au moins deux tuyaux à anche simple ou double. Les anches sont mises en mouvement par une alimentation d'air provenant de la pression du bras de l'instrumentiste sur un réservoir taillé dans une peau (ou dans un tissu caoutchouté), le sac. Les tuyaux sont fichés dans des alvéoles en bois (les montures) fixées au sac. Celui-ci est gonflé soit par la bouche (au moyen d'un tuyau porte-vent comportant une petite valve en cuir qui obture le tuyau dès que le bras presse le sac et empêche l'air de refluer dans la bouche), soit par des soufflets attachés au corps de l'instrumentiste. Les trous du tuyau mélodique, ou chalumeau, permettent de jouer des mélodies, tandis que les autres tuyaux, ou bourdons, sonnent des notes uniques accordées avec le chalumeau grâce à des tenons extensibles. Le son est continu ; pour articuler la mélodie et répéter des notes, l'instrumentiste fait appel à l'ornementation : il insère rapidement des notes en dehors de la mélodie, qui produisent l'effet de notes détachées.
En Europe, les cornemuses sont attestées dès le ixe siècle ; les témoignages antérieurs sont rares mais comprennent quatre références grecques et latines : Aristophane, Suétone, Martial et Dion Chrysostome. Dans les plus anciennes, le sac est généralement une vessie ou une peau de mouton ou de chèvre entière, moins les arrière-trains ; par la suite, il se compose de deux morceaux de peau découpés à la forme voulue et cousus ensemble. Les cornemuses ont toujours été des instruments traditionnels, mais après le xve siècle certaines ont servi à jouer de la musique de cour et d'autres ont été utilisées comme instruments militaires.
Le chalumeau comporte deux tuyaux en roseau à anche simple placés parallèlement, dont l'un fait sonner un bourdon ou tout autre accompagnement. La plupart débouchent dans une corne de vache faisant office de pavillon ; ce sont les versions à sac des instruments analogues au hornpipe celtique (matelotte) que l'on trouve en Afrique du Nord, dans la pén […]
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