En dépit des incertitudes qui règnent au plus haut niveau de l'État et des difficultés grandissantes qu'éprouve la population nord-coréenne, le régime opte en 2009 pour la provocation et la défiance envers la communauté internationale. Le président Kim Jong-il, âgé de soixante-huit ans, vit reclus après avoir, semble-t-il, été victime d'une attaque cérébrale. Néanmoins, il effectue plus de cent cinquante apparitions en public au cours de l'année, un record. Il préparerait par ailleurs son troisième fils, Kim Jong-un (qui serait âgé de vingt-sept ans), à prendre sa succession ; mais Chang Song-taek, le beau-frère du chef de l'État, pourrait assurer l'intérim si le jeune Kim Jong-un n'était pas prêt à diriger le pays.
Kim Jong-il fête sa santé retrouvée en faisant procéder à des essais de tir de missile balistique à longue portée en avril. Malgré l'échec de ces tentatives, le régime déclare une « glorieuse victoire ». Le mois suivant, la Corée du Nord annonce avoir effectué son second essai nucléaire souterrain, apparemment plus concluant que le premier, datant de 2006. Le pays serait ainsi devenu la neuvième puissance nucléaire. La plupart des analystes pensent cependant qu'il lui faudra au moins une décennie avant d'allier sa technologie en matière de missiles à ses programmes nucléaires. La Corée du Nord commence également à reconstruire un réacteur nucléaire partiellement démantelé à la suite d'un accord passé en 2005 et redémarre sa production de plutonium. En décembre, un émissaire américain effectue une visite, apportant une lettre du président Barack Obama, pour tenter de renouer les pourparlers nucléaires qui sont au point mort, mais Pyongyang ne se montre pas pressé de revenir à la table des négociations. Quelques jours plus tard, les autorités thaïlandaises saisissent 35 tonnes d'armes nord-coréennes qui auraient été destinées au Moyen-Orient. Selon les termes de la résolution 1874 du Conseil de sécurité des Nations unies (15 juin 2009), la Corée du Nord n'a pourtant pas le droit d'exporter des armes lourdes. […]
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