4. Nouvelle vague et effervescence contemporaine
L'assassinat du président Park Chung-hee, suivi de nombreuses manifestations réprimées dans le sang (le massacre de Kwangju en 1980), entraîne l'instauration de la loi martiale. La production passe en dessous de 100 films par an, tandis que se met en place un cinéma militant autour du Seoul Film Collective, fondé en 1982. La lente démocratisation du régime débouche sur un cinéma de critique sociale, symbolisé par les films de Park Kwang-su (né en 1955), avec Chilsu et Mansu (1988), sur deux peintres de panneaux publicitaires qui rêvent de partir à l'étranger, et République noire (1990), sur un ancien activiste recherché par la police. De son côté, Jang Sun-woo (né en 1952), plus volontiers anarchiste et provocateur, s'impose avec Lovers in Woomuk-Baemi (1990), dont le naturalisme proche du cinéma de R. W. Fassbinder, articule condition sociale et sexualité. Lies (Fantasmes, 1999), qui prend pour thème les relations sado-masochistes entre un sculpteur et une jeune fille, s'attire par la suite les foudres de la censure coréenne.
C'est à la fin des années 1980 qu'on découvre en Occident les premiers films d'Im Kwon-taek (né en 1936), auteur d'une œuvre prolifique. La Mère porteuse, 1987, avec l'admirable Kang Soo-yeon, témoigne de son goût pour les films historiques et les récits qui bousculent en douceur l'ordre établi des valeurs de la société coréenne. Si La Chanteuse de pansori (1993) rend hommage à un art populaire disparu, son œuvre parvient à maturité avec Le Chant de la fidèle Chunhyang (2000), formidable interrogation sur les pouvoirs imagés d'un récit vocal, et avec Ivre de femmes et de peinture (2002), autoportrait du cinéaste en peintre insoumis, puisant son énergie créatrice dans l'amour des femmes.
Les années 1990 voient en Corée la fin du système traditionnel de production avec l'arrivée des chaebols, conglomérats de grandes sociétés (Samsung, Hyundai, Daewoo) qui investissent dans le cinéma, avant que la crise économiqu […]
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