3. Architecture
• Sépultures
C'est à la vieille culture coréo-mandchoue que peut être attribué l'usage de l'ong-dol, chauffage au moyen d'une sorte d'hypocauste dont l'existence, attestée dès le Néolithique (habitat semi-souterrain au sud du fleuve Tumen), s'est perpétuée jusqu'à nos jours dans les yamen à la mode chinoise.
L'architecture coréenne est surtout une architecture de pierre. Cette particularité, qui la distingue des architectures des pays voisins (Chine et Japon), semble due tant à l'excellente qualité et à l'abondance du granit local qu'à certaines traditions mégalithiques qui se perpétuent à l'époque du Koguryŏ. Les premières sépultures, situées au nord du Yalu, sont encore des dolmens ou des pyramides à degrés, formées de blocs de pierre. La stèle du roi Kwanghae, près de P'yŏngyang, n'est autre qu'un menhir. Elle porte une inscription de 1 800 caractères, datée de 414, qui constitue un document précieux pour l'histoire de la Corée et du Japon. Les places fortifiées, tant sur les bords du Yalu que dans la région du Taedong, comportent des murs appareillés en pierre.
La découverte, dans la région de P'yŏngyang, de la tombe d'Anak, élevée sans doute en 357 pour un transfuge du Liaodong au service du Koguryŏ, permet de supposer que cette sépulture aurait été à l'origine de l'adoption par le Koguryŏ d'une architecture funéraire plus complexe. Cette tombe en pierre imite les sépultures en briques des chinois du Liaodong, qui comprennent plusieurs salles, couvertes en coupoles et séparées par des linteaux reposant sur des piliers. Ces structures se retrouvent dans les sépultures de T'onggu au nord du Yalu, où l'on peut suivre l'évolution des coupoles en forme de lanterne, faites d'éléments triangulaires posés en encorbellement et couronnés d'une dalle plate. Vers les ve et vie siècles, cette formule trouvera son parfait accomplissement dans les tumulus de P'yŏngyang qui abritent une vaste salle, précédée par deux piliers à pans coupés. Ces tombes sont faites de dalles de pierre soigneusement taillées et ajustées. On retrouve les mêmes sépultures, très ruinées, dans la région de Séoul, première capitale de Paekche, tandis qu'au début du vie siècle, sous l'influence de la Chine centrale, on adopte les tombes en briques estampées des dynasties de la Chine du Sud (cf. extrême-orient - Corée : préhistoire, archéologie et arts).
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