4. Cordoue chrétienne
Cordoue, qui abritait des musulmans et des juifs, grâce à la tolérance des rois chrétiens, garda, dans le domaine des arts, un vivant héritage de son passé islamique : des monuments mudéjars, c'est-à-dire des édifices chrétiens fidèles pour l'essentiel aux formes et aux techniques de l'art musulman d'Espagne, furent bâtis dans la ville et dans la région. Cordoue, où résidait un chef militaire, l'adelantado qui avait la charge des opérations contre le royaume de Grenade, restait, pour les rois de Castille, une place importante.
Le christianisme transformait Cordoue : dès la Reconquête, la grande mosquée était devenue cathédrale. Paroisse et couvents modifiaient profondément la vie de la cité. Les musulmans, du fait des émigrations et des conversions, étaient de moins en moins nombreux. En 1492, les juifs furent expulsés d'Espagne ; cette même année, les Rois Catholiques mettaient fin, par la prise de Grenade, à l'Islam espagnol.
Cordoue, dans une Espagne chrétienne et unifiée, n'était plus que la capitale provinciale d'un riche pays agricole. On y éleva assez peu de grands monuments de style classique. En revanche, le style mudéjar se prolongea souvent dans les palais et les maisons.
Par-delà l'Islam, l'Andalousie éternelle a revêtu à Cordoue une de ses formes les plus parfaites. Cordoue a donné à l'Espagne et au monde Lucain et Sénèque dans l'Antiquité, le philosophe musulman Averroès et le penseur juif Maïmonide au xiie siècle, le poète Gongora et le peintre Luis Valdés Leal à l'époque classique. À toutes les époques de son histoire, elle a été fidèle à sa vocation spirituelle.
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