3. Capitale provinciale aux XIe et XIIe siècles
À la chute du califat, l'Espagne musulmane se morcela en de multiples unités provinciales. Cordoue resta à la tête d'un de ces petits États dont la vie était souvent difficile et menacée. Fière d'un passé glorieux et tout proche qu'elle s'efforçait de prolonger dans la littérature, la pensée et les arts, elle était cependant à jamais déchue de sa primauté politique et économique.
La domination qu'établirent sur l'Espagne musulmane deux dynasties marocaines, les Almoravides et les Almohades, qui retardèrent de plus d'un siècle la reconquête chrétienne, assura à Cordoue, pendant tout le xiie siècle, la paix dans la soumission à un pouvoir étranger. Elle restait le siège d'un des grands gouvernements militaires que les souverains africains organisaient dans la Péninsule.
Mais, en 1212, les Almohades subissaient à Las Navas de Tolosa, devant une coalition chrétienne, une irrémédiable défaite. Au cours du xiiie siècle, le Portugal, l'Aragon et surtout la Castille conquirent la majorité des terres musulmanes de la Péninsule. Le petit royaume nasride de Grenade ne devait subsister qu'en se faisant, dans une première étape, le vassal du souverain castillan. Celui-ci, saint Ferdinand, avait repris Cordoue dès 1236 et l'avait incorporée au royaume de Castille.
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