2. Les différents aspects du phénomène
Sous quelque aspect que l'on aborde le phénomène de la conversion, il faut utiliser témoignages et documents avec beaucoup de précaution. Il y a en effet un « stéréotype » de la conversion. On se représente traditionnellement la conversion selon un certain schème fixe qui, par exemple, oppose fortement les longs tâtonnements, les erreurs de la vie précédant la conversion, à l'illumination décisive reçue tout à coup.
Les Confessions d'Augustin, notamment, ont joué dans l'histoire de ce genre littéraire un rôle capital. Ce stéréotype risque d'influencer non seulement la manière dont on fait le récit de la conversion, mais la manière même dont on l'éprouve.
• Aspects psychophysiologiques
Les premières études psychologiques du phénomène de la conversion remontent à la fin du xixe siècle et au début du xxe. La conversion était interprétée, dans la perspective des théories d'alors, comme un remaniement total du champ de conscience, provoqué par l'irruption de forces émanant de la conscience subliminale (W. James). Beaucoup de témoignages et de documents ont été rassemblés à cette époque-là.
La recherche contemporaine envisage plutôt les aspects physiologiques du phénomène. On étudie l'influence du conditionnement physiologique (utilisation des réflexes conditionnés) ou de la chirurgie cérébrale (lobotomie) sur les transformations de la personnalité. Certains régimes politiques ont déjà utilisé les méthodes psychophysiologiques pour la « conversion » des opposants (lavage de cerveau).
Dans une perspective psychanalytique, enfin, la représentation du « retour à l'origine » et de la « nouvelle naissance » peut être interprétée comme une forme de l'aspiration à rentrer dans le sein maternel.
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