Rufin d'Aquilée, dans un chapitre ajouté à sa traduction en latin de l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée, décrit l'arrivée fortuite sur les côtes de l'« Inde ultérieure », probablement les côtes érythréennes, « au temps de Constantin » (306-337), de deux jeunes enfants originaires de Tyr. L'équipage de leur navire est massacré, mais les enfants, épargnés, sont conduits à la cour du roi d'Axoum. L'un d'eux, Frumence, devient secrétaire du roi, puis, à la mort de ce dernier, précepteur du jeune héritier du trône (Ezana très probablement) et soutien des communautés chrétiennes locales. À Alexandrie, vers 330, il est nommé évêque d'Axoum par le patriarche Athanase, avant de s'en retourner organiser l'Église d'Axoum. Cette source littéraire et hagiographique sur une possible conversion d'Ezana au christianisme est corroborée par l'apparition du motif de la croix sur les monnaies datant du règne d'Ezana, par la formule trinitaire ouvrant des inscriptions épigraphiques glorifiant ce roi, et par une lettre de l'empereur Constance II qui confirme que Frumence est, en 357-358, évêque d'Axoum.
Photographie
Stèle du roi Ezana La stèle du roi Ezana, premier roi chrétien d'Axoum, relate en grec ses victoires, vers 330, à Axoum, Éthiopie.
Crédits: Merilyn Thorold, The Bridgeman Art Library Consulter
Bertrand HIRSCH
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