Le terme actuel de convers vient du latin conversus, qui désignait, dans le langage chrétien, quelqu'un qui change pour revenir à Dieu après avoir vécu dans l'hérésie, dans le paganisme ou dans l'indifférence, mais aussi le chrétien fidèle qui entre dans la vie religieuse. Les moines employèrent le mot conversus pour se désigner eux-mêmes, du moins certains d'entre eux, de manière à marquer le caractère personnel de leur vocation monastique : on distinguait ainsi ceux qui étaient entrés au monastère à l'âge adulte de ceux qui y avaient été amenés par leurs parents, dès leur plus tendre enfance.
Un moine conversus pouvait accéder aux ordres et même au sacerdoce, mais, à l'époque, les moines entrés à l'âge adulte étaient, pour la plupart, illettrés et le restaient. Ils pouvaient accomplir de nombreuses tâches et participer au chœur, aux prières communes, mais non entrer dans la cléricature. Ils jouissaient, dans le monastère, des mêmes droits que les autres moines, mais sans accéder aux fonctions exigeant le pouvoir d'ordre ou l'usage de la lecture et de l'écriture.
Au xie siècle, en Italie, puis en France, avec la réforme […]
