La notion de contrôle ouvrier, apparue au début du xxe siècle dans des cercles restreints de la social-démocratie européenne, a pris un relief historique avec la révolution russe d'octobre 1917. Envisagée d'un point de vue instrumental, elle se présente comme une revendication destinée à jeter un pont entre les luttes pour des objectifs immédiats (salaires, droit de grève) et l'objectif final du mouvement ouvrier : la prise du pouvoir pour l'instauration du socialisme.
S'appuyant sur les revendications économiques, le contrôle ouvrier vise à les articuler avec des objectifs qui permettent de remettre en cause, ne serait-ce que partiellement, le pouvoir du chef d'entreprise sur l'organisation de la production dans l'usine. Les principales revendications se réclamant du contrôle ouvrier portent sur la suppression du secret commercial et sur l'ouverture des livres de comptes, sur le droit des employés d'empêcher les licenciements et les fermetures d'entreprises, sur le contrôle de l'organisation du travail (des cadences, par exemple), sur les investissements.
La mise en œuvre d'un tel contrôle vise à établir un double pouvoir, patronal et ouvrier, au […]
