8. Les complots sous le Consulat
Une fois dissipée l'équivoque qui entoura le coup d'État du 18-Brumaire, la contre-révolution repart à l'assaut. Mais Bonaparte lui porte des coups très durs. L'amnistie favorise le retour des émigrés, affaiblissant la position de Louis XVIII, le Concordat signé avec Pie VII prive la contre-révolution du soutien de l'Église ; la police de Fouché, qui dispose dans la capitale d'un réseau de commissaires remarquables (Alletz, Beffara, qui donna, le premier, la date exacte de la naissance de Molière), démantèle la contre-police mise en place par Hyde de Neuville et retrouve la piste des auteurs de l'attentat contre le Premier consul, le 3 nivôse an IX (24 déc. 1800), les chouans Saint-Réjant et Carbon. Enfin, la Vendée est pacifiée par l'intermédiaire de l'abbé Bernier : Cadoudal passe en Angleterre, Frotté est fusillé.
Une ultime conjuration qui réunit Cadoudal, Pichegru et Moreau, prévoit, en 1804, l'« enlèvement » de Bonaparte (en fait, son assassinat, malgré les scrupules religieux de certains participants qui n'admettent pas la théorie de l'Église sur le tyrannicide) et la venue d'un prince qui préparerait le retour de Louis XVIII, Pichegru s'assurant de l'armée. La conspiration est découverte, Moreau exilé, Pichegru retrouvé étranglé dans sa cellule, Cadoudal guillotiné. Les opposants en sont désormais réduits à des coups de force dans l'Ouest, comme l'enlèvement de l'évêque de Vannes. « Nous voulions faire un roi, nous avons fait un empereur », ironise Cadoudal avant de mourir. L'exécution du duc d'Enghien, pris pour le prince prévu dans le complot et enlevé sur le territoire du duché de Bade, en rassurant les anciens régicides favorise en effet l'avènement de l'Empire.
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