5. Les complots
Plusieurs complots ont tenté d'entraver le cours de la Révolution. C'est le marquis de Favras qui prévoit, aussitôt après les journées d'octobre 1789, l'enlèvement du roi des Tuileries. Travaille-t-il en relation avec le comte de Provence et la conjuration a-t-elle pour but de discréditer en définitive Louis XVI pour favoriser l'avènement du frère du roi ? Dénoncé par ses complices, condamné à mort par le Parlement, Favras sera pendu avant d'avoir pu parler. À son tour, le baron de Batz, ancien spéculateur malheureux et député aux États généraux, tente de sauver Louis XVI puis Marie-Antoinette de l'échafaud. En vain. Il restera à la postérité pour avoir inspiré Dumas et Lenôtre. Peut-être a-t-il noué des liens avec les hébertistes et suscité certaines revendications démagogiques de cette faction afin de discréditer la Révolution.
D'une autre envergure, mais d'une moralité plus douteuse, est le comte d'Antraigues, qui fut lui aussi député aux États généraux et qui s'attacha à corrompre les milieux proches du Comité de salut public par l'intermédiaire de deux agents, Lemaître et Des Pomelles. Hérault de Séchelles fut-il le mystérieux correspondant qui le renseignait sur les délibérations du Comité ? C'est peu probable. Toujours est-il que d'Antraigues vend les renseignements ainsi recueillis aux cours européennes. Leur valeur, telle que nous pouvons la juger à travers les bulletins communiqués par Drake au gouvernement britannique, est très variable. On y présente, par exemple, Sieyès comme jouant un rôle considérable, en contradiction avec les documents officiels que nous possédons. Une arrière-pensée anime la rédaction de ces bulletins : convaincre le cabinet de Londres que, à condition d'y mettre le prix, une restauration intégrale est possible.
Le comte d'Antraigues doit compter avec un rival, le Genevois Mallet du Pan, jadis admirateur de Voltaire et rédacteur du Mercure de France, que les événements de juillet 1789 ont détourné de la Révolution. Mallet du Pan a […]
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