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Contract on the world love jam Contract on the World Love Jam, Public Enemy extrait de l'album Fear of a Black Planet, 1990
Crédits: Musique: "Contract on the world love jam" PUBLIC ENEMY (K. BOXLEY / E. T. SADLER) © UNIVERSAL MUSIC PUBLISHING INC. (p) DEF JAM RECORDS INC. AVEC L'AIMABLE AUTORISATION D'UNIVERSAL MUSIC PROJETS SPECIAUX.
Image: © Howard/CORBIS-SYGMA.
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En 1982, les Américains Chuck D (Carlton Ridenhour), Flavor Flav (William Drayton), Professor Griff (Richard Griffin) et DJ Terminator X (Norman Lee Rogers) forment Public Enemy. Celui-ci va s'affirmer comme le groupe de rap le plus influent mais aussi le plus controversé en inventant les règles du courant hardcore, très apprécié par les rappeurs français.
Leur premier album, Yo ! Bum Rush the Show, publié chez Def Jam en 1987, se caractérise par un discours agressif et militant où la violence est prônée comme moyen de changer la société. En 1988, le single Don't Believe the Hype, issu de l'album It Takes a Nation of Millions to Hold us Back, délivre un message clair en forme de prise de conscience : le pouvoir aux Noirs, rejet des médias blancs et de la drogue, outil d'aliénation. Il ne s'agit plus d'une histoire linéaire racontée par des bad boys qui veulent sortir à tout prix du ghetto, mais d'une avalanche de mots assénés par des artistes conscients, organisés et décidés à mener un combat idéologique. Lors des concerts, le groupe est escorté de gardes du corps en treillis, armés de (faux !) fusils-mitrailleurs. L'album Fear of a Black Planet (1990) s'ouvre sur le morceau instrumental Contract on the World Love Jam, dont on peut entendre ici un extrait. Les propos antisémites et homophobes que Professor Griff profère à la presse vont discréditer le groupe, qui le limoge cette même année. En 1991, l'album Apocalyse 91... The Enemy Strikes Black constitue leur meilleure vente, grâce notamment à la version de Bring Tha Noize enregistrée en duo avec le groupe de trash metal Anthrax.
À défaut des voix contrastées de Chuck D et de Flavor Flav (l'une grave, l'autre criarde), cet extrait permet d'apprécier le travail sur l'assemblage de samples de The Bomb Squad – constitué par les frères Hank et Keith Shocklee, des proches du groupe –, qui construit un décor sonore idéal avec les scratches de Terminator X. La trame rythmique est classiquement constituée d'une boucle de batterie échantillonnée et très compressée. Les extraits de discours, les voix échantillonnées et les cris de James Brown forment une sorte de chaos sonore organisé et signifiant, qui est représentatif du son de Public Enemy : bruitiste mais également funky.
Après Public Enemy, la musique populaire ne sera jamais plus comme avant...
Eugène LLEDO
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