2. Un art de la mise en scène
Mettre en scène : cet art du conte comporte bien des composantes théâtrales, dans les dialogues, dans le découpage en scènes, dans le type de répliques, dans la re-présentation. Sans oublier une morale implicite sans dogmes ni interdits, qui ne brandit jamais le spectre de la mort comme un épouvantail. En revanche, une formidable dose d'espoir naît des Contes : il y a toujours un possible cygne chez un vilain petit canard, et les ramoneurs sont faits pour les bergères. Les Contes révèlent aussi un humour inimitable et tout à fait typique des Danois, qui refuse de se laisser prendre au piège de la pédanterie ou d'un sérieux ridicule. Enfin, il y a ces splendides images qui, peut-être, engendrent l'histoire : c'est littéralement le cas, par exemple, de la « Petite Fille aux allumettes », rédigée à partir de la contemplation d'une gravure et sans aucun doute aussi le fait du « Livre d'images de Parrain », et on ne voit pas de récit qui n'ait pu naître de la contemplation d'une image ou qui ne se puisse résoudre en une image phosphorescente et fascinante. Il reste aujourd'hui une émouvante gentillesse chez cet écrivain qui ne rédigeait certainement pas pour les enfants, mais avec un cœur d'enfant.
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