Les parents de Constant Troyon travaillaient à la manufacture de Sèvres, son père comme peintre décorateur, sa mère comme brunisseuse. L'enfant fut encouragé dans le domaine des arts par Riocreux, conservateur du Musée céramique, qui lui fit peindre des fleurs et des paysages « classiques », sous la direction d'un professeur, mais l'élève se tourna vite vers les études et croquis d'après nature. Il expose pour la première fois, très jeune, au Salon de 1833 (Maison Colas à Sèvres, Un coin du parc de Saint-Cloud). Il rencontre peu après Camille Roqueplan, qui lui donne des conseils. Toute sa vie et son travail sont axés autour des Salons, auxquels il expose régulièrement, entre 1833 et 1864, jusqu'à la veille de sa mort. Le Salon : institution officielle d'une énorme importance, qui décide du succès, des décorations, des commandes aux artistes (Troyon fut nommé chevalier de la Légion d'honneur à la suite du Salon de 1849, et c'est seulement à partir de cette date qu'il reçoit des commandes), stimulant artistique alors, qui mobilise autour de lui l'intelligentsia du siècle, les critiques, les écrivains. Ils s'appellent non seulement Baudelaire, mais également Burty, Mantz, Alexandre Dumas, Théophile Gautier, Burger, About, ceux qui entament, à travers les toiles exposées, le dialogue avec l'artiste : on verra Troyon changer de manière d'un Salon à l'autre, à la suite d'une critique de Mantz. À la suite de nombreux séjours en province (1835 dans le Limousin, 1840-1841 en Bretagne, 1852 en Normandie) et à l'étranger (1847 en Belgique et en Hollande), Troyon alimentera régulièrement les Salons de sa production.
Troyon est un peintre réaliste, et appartient à cette admirable pléiade de paysagistes où figuraient Théodore Rousseau, Diaz, Dupré, Flers, Français, suivant Paul Huet, qui avait rapporté d'Angleterre le nouvel évangile. Troyon incarne le mouvement de rénovation dans le paysage dont Turner et Constable avaient été les initiateurs. Le vrai Troyon naît vers 1843, date à laquelle il rencontre Théodore Rous […]
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