Plutôt consensuelle dans ses finalités, la notion de développement durable semble s'être installée en France comme dans la plupart des économies développées. Via l'exigence de responsabilité sociale des entreprises – qui recouvre à la fois la prise en compte de leurs impacts sociaux ou environnementaux et la question de la gouvernance – elle traduit un nouveau regard de la société sur l'économie. Mais si ces attentes, notamment relayées par les médias, sont exprimées par les salariés, les O.N.G. ou les riverains, qu'en est-il du « consommateur » ?
La tradition américaine de consommateurs organisés et parfois militants trouve son écho au Royaume-Uni dans certains domaines, l'Europe du Nord ou la Suisse exprimant de leur côté des comportements sensibles à une consommation alternative (verte ou solidaire). En France, de nombreuses enquêtes et études, qu'il s'agisse de recherches sociologiques ou d'approches marketing, témoignent d'une évolution significative. Quelques ordres de grandeur la résument : environ un Français sur quatre prend la nationalité en considération pour choisir une marque ; ceux qui cherchent à concilier consommation, respect de l'environnement et équité sociale forment de un cinquième à un quart de la population ; plus d'un tiers est prêt à acheter des produits issus du commerce équitable, même s'ils sont plus chers (enquête T.N.S. Sofres, juin 2004). Cette dynamique recouvre quatre approches complémentaires : les achats respectueux de l'environnement ou « achats verts » ; les achats solidaires, correspondant à des produits fabriqués dans des conditions de solidarité (insertion, populations spécifiques) ou dont une partie du prix finance la solidarité ; la consommation éthique, qui fait référence à la responsabilité sociale de ceux qui produisent (notamment le respect des normes de l'O.I.T.) ; le commerce équitable, garantissant un revenu décent aux producteurs.
Bien sûr ces évolutions concernent pour l'essentiel des catégories plutôt aisées, mais différents spéci […]
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