7. Expansion de la muséologie
Depuis la Seconde Guerre mondiale, nous assistons au développement d'une science qui porte en elle une contradiction constitutive ; la muséologie est, en définitive, la discipline qui théorise la conservation et la présentation des objets d'art. Conserver et médiatiser sont les deux objectifs de la muséologie, deux objectifs parfaitement antinomiques.
Le succès, d'abord inattendu, puis minutieusement programmé, des grandes expositions rétrospectives a révélé les capacités des structures culturelles à médiatiser et à théâtraliser les œuvres d'art dont elles sont les dépositaires. Les regroupements éphémères d'œuvres trouvent leur justification dans l'avancée du savoir esthétique et historique.
Mais la présentation des œuvres d'art est fréquemment contradictoire avec leur conservation – que l'on songe à la fermeture, rendue nécessaire par la dégradation des peintures rupestres, de la grotte de Lascaux – et les professionnels de la culture, devenus médiateurs culturels, oublient trop souvent qu'ils sont, d'abord, des conservateurs.
Protéger l'œuvre d'art afin de lui assurer la plus longue pérennité d'exposition est devenu, depuis la Seconde Guerre mondiale, l'obsession des professionnels. Les découvertes scientifiques sur les matériaux constitutifs des œuvres d'art – qui révèlent davantage leur vivante fragilité – et la prise de conscience des nouveaux périls de la pollution de notre époque ont amené les professionnels à établir des critères de conservation intransigeants. Plutôt que de restaurer les objets d'art, les professionnels cherchent maintenant à assurer, préventivement, de parfaites conditions de conservation. La maîtrise du climat (température et surtout humidité relative de l'atmosphère) et de la lumière est une exigence absolue. Une œuvre d'art se dégrade en effet plus rapidement si les conditions de son exposition ne sont pas favorables.
Cette situation a favorisé, depuis les années 1970, la naissance de nouvelles formations professi […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 10 pages…



