1. Politique intérieure
Le 24 avril 1990, le président Mobutu Sese Seko annonce le rétablissement du multipartisme, limité dans un premier temps à trois formations. Il renonce également à ses fonctions de chef du parti au pouvoir, le Mouvement populaire pour la révolution, afin de jouer désormais un rôle d'arbitre.
Le 14 décembre, les députés votent une loi officialisant le multipartisme.
Le 23 septembre 1991, des militaires dévalisent et détruisent des entrepôts à Kinshasa pour protester contre le retard apporté au versement de leur solde. Pendant deux jours, émeutes et pillages se poursuivent dans la capitale, causant la mort de cent dix-sept personnes, selon un bilan officiel. Le couvre-feu est instauré. Le 25, Nguza Karl I Bond, président de l'Union sacrée qui regroupe les partis d'opposition, réclame la convocation de la Conférence nationale sur l'avenir du pays, qui s'est ouverte en août mais dont les travaux ont été rapidement suspendus. Le 28, sous la pression de la France, qui appelle à la « démocratisation » du régime, le président Mobutu accepte de recevoir une délégation de l'opposition. Le 29, Étienne Tshisekedi, un de ses principaux dirigeants, est chargé de former un « gouvernement d'union nationale ».
Le 21 octobre, Étienne Tshisekedi est révoqué par une ordonnance présidentielle. Le 23, Mungul Diaka, membre de l'opposition mais aussi ancien ministre de Mobutu, est nommé Premier ministre. Cette nomination provoque des émeutes dans la capitale.
Le 22 novembre, grâce à une médiation sénégalaise, l'opposition et les Forces démocratiques unies (ex-majorité présidentielle) acceptent de signer une déclaration commune, qui prévoit la mise en place d'un gouvernement de consensus. Le 25, le président Mobutu nomme au poste de Premier ministre Nguza Karl I Bond. Il forme son gouvernement le 29, sans la tendance radicale de l'Union sacrée.
Le 30 juin 1992, le pouvoir et la Conférence nationale concluent un accord autorisant cette dernière à élire le Premier ministre contre l'assurance du maintien du président Mobutu à la tête des forces armées et la garant […]
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