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CONFESSIONNALISME

2.  Fondement et justifications

Si le confessionnalisme a représenté pendant des siècles, pour de bons esprits comme pour le plus grand nombre, l'expression naturelle et légitime des rapports entre l'État et la religion, entre l'ordre social et la conscience individuelle, c'est qu'il est de nature à satisfaire à la fois le théologien préoccupé du salut personnel des âmes et l'homme d'État soucieux de la cohésion du groupe dont il dirige le destin collectif. Pour le croyant, le problème est simple et sa solution évidente : assuré de détenir la vérité, comment ne brûlerait-il pas de la défendre et de la communiquer ? La vérité a des droits sur les esprits et l'État a des devoirs à son endroit, notamment celui de prévenir la propagation de l'erreur. Pratiquer à l'égard des croyances religieuses la liberté d'indifférence, ce serait faire profession d'athéisme. Quant aux politiques, ils ne concevaient pas qu'une société puisse se constituer et tenir assemblée sans se référer à un ensemble de normes communes trouvant elles-mêmes leur fondement et leur justification ontologique et psychologique dans une foi transcendante, de préférence révélée, donc une religion. Au nom de quelles valeurs exiger des individus qu'ils respectent les contraintes sociales, observent les lois, leur sacrifient leurs intérêts, éventuellement leur existence ? Faute d'une justice divine, comment fonder la justice des hommes ?

La conviction que la diversité des confessions détruirait l'unité du groupe parce que celui-ci a besoin d'une religion nationale – qui peut du reste être une des grandes religions universelles identifiées par l'histoire aux traditions nationales – est si générale et si forte que le premier mouvement des régimes qui, au xviiie comme au xvie siècle, rompent avec la religion des ancêtres fut de lui substituer une autre religion. Personne ne croyait possible de fonder valablement un avenir collectif sur ce qu'on appellera plus tard la laïcité de l'État. Ainsi, en 1789-1790, les Consti[...]

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Pour citer cet article

René RÉMOND, « CONFESSIONNALISME  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le  . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/confessionnalisme/

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« CONFESSIONNALISME » est également traité dans :

DÉCHRISTIANISATION
Dans le chapitre "Déconfessionnalisation"
ÉRASTIANISME
ESPAGNE (Le territoire et les hommes) - Le retour à la démocratie
Dans le chapitre "La deuxième victoire socialiste"
LAÏCITÉ
Dans le chapitre "La tendance internationale"
RELIGION - Religion et État
Dans le chapitre "États confessionnels"

  

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