La première Conférence de Punta del Este (Uruguay), qui réunit en 1961 les États membres de l'Organisation des États américains, fut marquée par la signature de la Charte créant l'Alliance pour le progrès. Ce pacte fut présenté par le président Kennedy comme l'instrument de nouveaux rapports, fondés sur une coopération plus efficace, entre les États-Unis et les États latino-américains.
La Charte subordonnait l'aide américaine à la réalisation par les pays latino-américains de réformes de structures, dans le domaine agraire et dans le système fiscal notamment, où l'injustice et l'archaïsme constituaient de sérieux obstacles au développement. Elle posait aussi le principe que la planification devait être le moyen essentiel du développement économique et des politiques d'industrialisation. Tout en imposant une rigueur plus grande dans celles-ci, la planification devait les rendre plus efficaces en conférant un rôle accru aux gouvernements dans le fonctionnement et l'évolution des économies.
Ces réformes de base se heurtèrent à l'opposition des bénéficiaires (intérieurs au pays ou extérieurs) de l'état antérieur. Elles furent donc vivement combattues et rendues soit impossibles, soit inopérantes. La Conférence des chefs d'État de 1967 renonça donc à poursuivre dans cette voie et rechercha dans l'intégration économique des États latino-américains un autre moyen de vaincre les difficultés rencontrées sur la voie de l'industrialisation. L'intégration devait permettre de coordonner les politiques, de rationaliser les productions, d'élargir les marchés et débouchés, de développer les échanges. En même temps, la Conférence fut marquée par une certaine distance prise par les États latino-américains à l'égard de leur allié nord-américain.
Jean MAILLET
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