Le problème de la protection des victimes de la guerre s'est posé, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec une ampleur jamais atteinte. Certaines règles figurant dans les conventions de Genève du 22 août 1864, révisées en 1905, puis en 1929, ainsi que dans les conventions de La Haye (1899 et 1907), ne paraissaient plus adaptées au caractère de guerre totale que présentèrent les conflits de 1914-1918 et surtout de 1939-1945. De nouveaux textes étaient nécessaires. Préparés à la conférence internationale de la Croix-Rouge tenue à Stockholm en août 1948, ils furent soumis à la conférence de Genève, regroupant du 21 avril au 12 août 1949 tous les États ayant adhéré aux conventions qu'il s'agissait de réviser (à l'exception de l'Allemagne, privée alors d'existence légale en tant qu'État).
L'objet de la conférence était exclusivement d'atténuer les souffrances consécutives à l'emploi des armes et des mesures de guerre privatives de la liberté, que les victimes soient militaires ou civiles. Il s'agissait donc, d'une part, de réviser les conventions sur le traitement des prisonniers de guerre, des blessés et malades dans les armées en campagne et des blessés, malades et naufragés dans la guerre sur mer ; d'autre part, d'arrêter un projet de convention nouvelle sur la protection des personnes civiles en temps de guerre. Au cours de la discussion de cette nouvelle convention, le délégué soviétique bouleversa le programme fixé en proposant une résolution affirmant que l'emploi des moyens bactériologiques et chimiques, de même que des armes atomiques, est incompatible avec les principes élémentaires du Droit international. Il demandait la signature immédiate d'une convention prohibant l'arme atomique en tant que moyen d'extermination en masse de la population. La motion soviétique fut jugée irrecevable par la majorité des États parce que relevant autant de la propagande et de l'autodéfense que de motifs humanitaires. L'objet de la conférence avait d'ailleurs été bien défini : adop […]
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