4. La C.G.T. et la Seconde Guerre mondiale
Mais bientôt les déceptions s'accumulent à l'intérieur : dévaluation, montée du coût de la vie, blocage des salaires, décrets-lois de novembre 1938. De plus, l'évolution de la politique internationale (guerre d'Espagne, accords de Munich) provoque chez les militants de la C.G.T. des réactions divergentes. Il en résulte une diminution des effectifs. Le mot d'ordre de grève générale de vingt-quatre heures lancé le 30 novembre 1938 par la C.G.T. contre les décrets-lois est inégalement suivi. Cependant, avec environ 2 500 000 adhérents, la C.G.T. représente encore en 1939 une force considérable.
Les conséquences du traité germano-soviétique, la Seconde Guerre mondiale entraînent une nouvelle crise dans la C.G.T. Les syndicats dont les dirigeants communistes refusaient de condamner le pacte germano-soviétique sont exclus de l'organisation. L'armistice de 1940 et la formation du gouvernement de Vichy mettent en cause l'existence même de la C.G.T. Quelques dirigeants confédéraux d'avant guerre se rallient à la politique de Vichy et l'un d'entre eux, Belin, devient même pendant quelque temps ministre, secrétaire d'État à la Production industrielle et au Travail. Le 9 novembre 1940, la C.G.T. est dissoute, ainsi que la C.F.T.C. créée en 1919.
Cependant, la « résistance syndicale » se développe sous toutes les formes : le 17 octobre 1943, par l'accord dit du Perreux, l'unité de la C.G.T. est reconstituée dans la clandestinité. « Le mouvement confédéral, précise ce texte, est réunifié en respectant la physionomie qui était la sienne en septembre 1939. » Réunifiée, la C.G.T. lance le 12 décembre 1943 un appel aux ouvriers : « En combattant, la classe ouvrière ne se coupe pas de la nation, au contraire. Revendiquer un salaire meilleur est un devoir national. La cessation collective du travail, à ce moment-là, devient une action sociale et patriotique. » Des représentants de la C.G.T. participent à l'Assemblée consultative d'Alger et au Conseil national de la Résistance. Le 27 juillet 1944, le gouvernement provisoire de la République avait promulgué à Alger une ordonnance rétablissant la liberté syndicale et restituant à la C.G.T. et à la C.F.T.C. les biens qui leur appartenaient avant leur dissolution. Le 18 août 1944, la C.G.T. donne l'ordre de grève générale pour la libération du pays (en accord avec le bureau de la C.F.T.C.). Très largement suivie, cette grève contribue à paralyser les forces de l'occupant : le 26 août, le bureau de la C.G.T. sort de la clandestinité.
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