3. La réunification et le Front
Affaiblie par la scission, la C.G.T. ne compte plus que 370 000 adhérents. Elle participe au Conseil national économique créé en 1925, est affiliée à la Fédération syndicale internationale (F.S.I.) et joue un rôle actif au Bureau international du travail. Ses effectifs s'accroissent régulièrement. Elle voit revenir à elle la Fédération des fonctionnaires qui, après la scission, était passée à l'autonomie.
Toutefois, sa base de recrutement s'est sensiblement modifiée et ses adhérents appartiennent de plus en plus au secteur public. Pour tenter de pallier les conséquences de la crise économique de 1929, la C.G.T. propose un plan visant à une relance de l'économie. Le mécontentement né de cette crise, la menace des ligues, le rapprochement des socialistes et des communistes, le mouvement du Rassemblement populaire créent pour les organisations syndicales des conditions nouvelles qui s'expriment en un désir profond de réunification, désormais possible. Elle est réalisée au congrès de Toulouse en mars 1936. Si le congrès adopte le plan établi par la C.G.T. avant la réunification, il rappelle cependant « l'opposition absolue qui existe entre les intérêts des salariés que le syndicalisme a pour mission de défendre et les intérêts du capitalisme qu'il combat ». Le préambule des statuts précise que « le mouvement syndical à tous les échelons s'administre et décide de son action dans l'indépendance absolue à l'égard du patronat, des gouvernements, des partis politiques, des sectes philosophiques ou autres groupements extérieurs ». L'attitude est beaucoup plus souple qu'au temps de la charte d'Amiens. En effet, le mouvement syndical « se réserve le droit de répondre favorablement ou négativement aux appels qui lui seraient adressés par d'autres groupements en vue d'une action déterminée. Il se réserve également le droit de prendre l'initiative de ces collaborations momentanées, estimant que sa neutralité à l'égard des partis politiques ne saurait impliquer son indifférence […]
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