1. Les approches économiques de la concurrence
• Le marché de concurrence parfaite
La théorie néo-classique (Francis Ysidro Edgeworth, Léon Walras, Vilfredo Pareto) qui, à la fin du xixe siècle, donna l'expression la plus achevée du marché de concurrence parfaite, expose une conception strictement individualiste de la société, au point de confondre l'entreprise avec la personne qui l'a fondée et la dirigerait comme un seul homme. Les individus doués de raison sont censés se comporter de manière parfaitement rationnelle, décider de leurs choix dans la plus parfaite transparence. Les rapports sociaux se résument dans cette conception épurée de l'économie à de strictes relations d'échange sur les marchés.
Le marché offre plusieurs facilités. Il instaure une procédure d'échange du bien (ou du service) correspondant et des droits de propriété afférents. Il informe les acheteurs potentiels que ce bien est disponible à la vente dans des quantités, des qualités et à des prix spécifiés. Il informe les offreurs de l'existence d'une demande solvable susceptible de s'adresser à leur produit. Il assure dans ces conditions la libre rencontre des offreurs et des demandeurs. Cette définition générale recouvre une grande variété de transactions reflétant les particularités propres à des biens non moins divers : blé, automobiles, services d'agences immobilières, objets d'art, valeurs mobilières, etc.
Les conditions d'un marché de concurrence pure et parfaite
Le marché est dit de « concurrence pure et parfaite » quand, de surcroît, cinq conditions sont réunies (l'expression, qui associe la notion de concurrence pure évoquée par Edward Chamberlin dans La Concurrence monopolistique, 1993, et celle de concurrence parfaite que Joan Robinson oppose à la concurrence imparfaite qu'elle étudie dans Économie de la concurrence imparfaite paru la même année, apparaît en 1950 dans la Préface que François Perroux rédige pour la traduction française du livre de Chamberlin). En premier lieu, on suppose la présence d'un nombre de v […]
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